‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 426 sur 503 · Abbe Le Glaire. La paroisse de Carentoir, p · texte numérisé non relu

Abbe Le Glaire. La paroisse de Carentoir, p

5. Histoire miraculeuse de trois soldats. Troyes, 1576, in-8 ; iu Variétés historié gués et littéraires, t. IV, p. 307.

370 l’histoire de France dans la tradition populaire

fuyoient de toutes parts et disoient qu’il y auoit vn Comte Mâchefer ^ au lieu de Mansfeld : tellement qu’ils pensoient que ce fust vn grand Diable de Géant qui mangeoit les charettes ferrées. Sur laquelle creance vn certain assuroit et se persuadoit qu'il luy auoit veu manger à vn déjeuner vn rouet d’arquebouze, auec quatre fers de cheuaux fricassez au beurre noir L

S’il n’est pas tout à fait exact d’appeler Henri IV

Le seul roi dout le peuple ait gardé la mémoire,

il est un de ceux qui tiennent le plus de place dans ses souvenirs. En Béarn on dit en parlant de lui : hm nouste Henric 2 ; dans un conte gascon il est haut d’une toise, gros à proportion, fort comme un bœuf et hardi comme un César1 2 3. En Bas-Limousin son nom ne sert plus qu’à désigner une chose quelconque vieille, usée, d'un débit difficile : Aquo est un Henric-quatre 4 5. Il est rarement en rapport avec le monde physique ; à ce point de vue on ne relève que la Tète d’Henri quatre, l’un des noms donnés à un rocher près du Puy qui dessine une tête colossale (cf. t. I, p. 303). Sa réputation de galanterie a survécu: d’après une tradition béarnaise, une jeune fille qu’il courtisait lui déclara tout en larmes qu’elle n’était pas digne de lui : « Et pourquoi donc? demanda-t-il. — C’est que je suis cagote. — Et moi aussi! » s’écria aussitôt le Vert Galant3. En Auvergne on dit qu’il séduisit la femme de Mercœur 6 pendant que celui-ci guerroyait à son service, et que c'est pour cela que le duc se fit ligueur (cf. t. IV, p. 197). A Ermenonville où l’on se souvient de J. -J. Rousseau, on fait de ce philosophe le contemporain d’Henri IV. Un paysan dit à Gérard de Nerva : Voici la tour où était enfermée la belle Gabrielle ; tous les soirs, Rousseau venait pincer de la guitare sous ses fenêtres, et le roi qui était jaloux le fît mourir7. Plusieurs récits lui attribuent une aventure de chasse dont on rencontre des parallèles antérieurs (cf. t. IV, p. 362). En Agenais, où il est encore désigné par le sobriquet de roi Grand-Nez, le charbonnier Capchicot lui offre une hure de sanglier, en lui disant de ne pas en parler au roi Grand-Nez. Un jour que Capchicot était venu vendre du charbon à xVérac, le roi le fit appeler, et le charbonnier se crut perdu en reconnaissant dans son souverain le

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