‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 430 sur 503 · LA GUERRE DE TRENTE ANS · texte numérisé non relu

LA GUERRE DE TRENTE ANS

lieutenant de VVallenstein) '. Pendant plus de cent ans le nom de Jean de Vert (de Weerl) général au service de l’Autriche, qui envahit la Picardie en 1636 et causa beaucoup d’alarmes aux Parisiens est demeuré proverbial ; pour désigner un temps lointain, on disait : C’est du bon temps de Jean de Vert, S’en soucier comme de Jean de Vert1 2, ou: Il n’est pas plus question de vous que de Jean de Vert 3 4. Il fut aussi chansonné : Un Noël de La Monnoye (1701) est sur l’air de Jean de Vert, auquel le refrain et quelques couplets font allusion U Dans le midi ce personnage est devenu Jean-lou-Vert, et l’on dit, en proverbe : Je m’en moque comme de Jean le Vert5.

En Franche-Comté où les Suédois commirent beaucoup d’excès, Chvede est synonyme de brigand. A Sancey (Doubs) un Vilèn Suède est un mauvais garnement; au milieu du siècle dernier, on disait: « Méchant comme un Suède 6. » Une chanson patoise que l’on chante dans le Val de Rosemont met en scène deux paysans de cette contrée, qui en 1633 se souleva pour résister aux Suédois. Jusque vers 1830, dans les environs de Belfort, toutes les ruines, tous les pillages, tous les malheurs subis étaient encore attribués aux « Suèdes » 7 8.

Je n’ai relevé aucun trait qui se rapporte à Richelieu.

Son successeur a survécu dans un blason et dans quelques appellations :

Rethel petite ville Mazarin, grand coquin*.

Dans le Centre on appelle Mazarin un cheval de bât, et Mazarine un petit plat en terre rouge. La dame d’un château fantastique de la forêt de Fougère était nommée La Mazarine9 10 11. Une apparition du petit homme rouge des Tuileries aurait présagé les troubles de la Fronde ,0.

Louis XIV n'a pas laissé de trace personnelle dans le folk-lore Quelques-uns des guerriers du XVIIe siècle ont été plus heureux à ce point de vue que le roi-Soleil.

Quoique la France ait, pendant trois siècles, joué sur mer un rôle

1. Alfred Rambaud, 1. c. ; Alfred Harou, in Le Vieur Liège, novembre 1879.

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