‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 431 sur 503 · Rev. des Trad. pop., t. IV, p · texte numérisé non relu

Rev. des Trad. pop., t. IV, p

11. Une complainte, qui n'est au reste que semi-populaire, et qui avait pour sujet la mort fut longtemps chantée en Bretagne (A. de la Borderie, in Rev. de Bretagne et de Vendée, t. XII, p. 321 ; quelques couplets y. sont reproduits).

314 l’histoire de France dans la tradition populaire

héroïque et glorieux, les souvenirs qui se rattachent aux guerres mari times sont bien peu nombreux. S’il en faut croire un romancier, le cardinal de Sourdis, qui commanda une flotte sous Louis XIII, aurait été, jusqu’à une période assez moderne, un héros familier aux conteurs de bord. Ils se sont, dit-il, emparés de la figure extraordinaire de ce chef d'escadre qui, sur la poupe de son vaisseau, chantait la grandmesse avant d’appareiller pour aller battre les huguenots ou les Espagnols. Une de ses plus célèbres campagnes est une chasse contre la marine du diable, qui dura sept ans et se termina par l’explosion des vaisseaux de l’enfer. L’amiral les aspergeait à grand jet de pompe à incendie avec de l’eau bénite qui mit le feu aux voiles du diable, dont l’escadre fut anéantie. Sur tels navires de Saintonge ou des pays bordelais, l’archevêque de Bordeaux est le héros de contes étranges ; mais n’allez vous informer de ses hauts faits ni au Havre ni à Marseille1. Il est vraisemblable que la conservation du nom Sourdis vient de ce qu’on l’a introduit dans les contes de bord qui racontent les mésaventures du diable2. Tourville et Duquesne sont inconnus à la tradition sans qu’on lui attribue des actes légendaires, Jean Bart a survécu, et son nom est un sobriquet assez usité que l’on applique comme éloge aux bons marins. Dans une histoire de bord on prétend qu'il dit à Louis XIY : Moi, sire le roi, je suis votre matelot à mort3. La chanson des Arzonnais, qui peut se rapporter à l’époque de Louis XIY, parle d’enfants d’Arzon qui grâce à la protection de sainte Anne, se battent contre les Hollandais, et reviennent tous au pays, sans blessures, alors que beaucoup de marins tombent frappés autour d’eux4. Dans d’autres chansons des matelots sont faits prisonniers par les Hollandais5.

La prise de Rio-Janeiro avait inspiré une chanson que, vers 1843, les mamans de sa ville natale chantaient à leurs enfants. Le Vieux Corsaire de Saint-Malo en a reproduit deux couplets :

Monsieur Duguay z’a t envoyé Un tambour de l'Achille Pour demander à ces braves guerriers S’ils veulent capituler.

Les dames du château S’ont mis à la fenêtre :

Monsieur Duguay, apaisez vos canons,

Avec vous je composerons.

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