A. Dessaix. Légendes de la Haute-Savoie, p
in Rev' des Trad- pop-’ L XIII> P- 147 ? x- de Ia Perrnudiére,
tbid, t. XIV, p. 641.
l’histoire DE FRANCE DANS LA TRADITION POPULAIRE
sortent d’un bois voisin pour se rendre à la chapelle où elles font entendre une musique délicieuse de cantiques1.
j'ai parlé (t. I, p. 199} des empreintes que firent les prêtres en tombant sur le sol; d'autres reviennent sur le lieu de leur supplice. A Bourg-des- Comptes (Ille-et-Vilaine), on voit la nuit cheminer lentement dans un petit chemin creux un prêtre décapité en cet endroit-. En Poitou, dans la commune de Saint-Laur, un prêtre sans tête se promenait a’sec son bréviaire. C’était le fantôme d'un curé dont on avait, dit-on, fait sauter la tête à coups de boules après l'avoir enterré jusqu’au cou. Tous les soirs, à minuit, une lugubre procession conduite par un prêtre sans tète défile dans les souterrains du château de Puyrenard (Deux-Sèvres) où furent massacrées des religieuses qui y faisaient dire la messe de Noël par un prêtre réfractaire 3.
Des récits populaires assez nombreux se rapportent à la profanation des églises, aux statues insultées ou mutilées, à la démolition des édifices sacrés ou des croix. Plusieurs ne sont que des rifazimenti d'épisodes de la légende dorée. En cent endroits de la Provence, on raconte que telle statue projetée à terre a saigné, parlé, remué, que telle bête a parlé et manifesté son respect pour les choses de la religion que les hommes profanaient, que tel oratoire a été éclairé dune lumièie surnaturelle pendant la nuit V En Franche-Comté un brigadier de gendarmerie qui avait attaché son cheval à la table de communion et l’avait fai t communier, lut quelques années plus tard broyé pai cet animal, qui se frappant lui-même la tête qui avait été communiée, s’assomma sur le corps de son maître J. Lorsque en 1/93 on voulut taiic entrer des chevaux dans la cathédrale de Toulon transformée en écurie, le premier qui fut introduit sous la porte se mit a ruer et étendit raide mort son palefrenier0. Si on demande aux bonnes âmes pouiquoi un enfant Jésus de la cathédrale de foulon a le bras gauche rompu, elles répondent que l’homme chargé de la destruction des statues était monté sur un échafaudage ; au premier coup de marteau qu’il lança, il rompit le bras, mais perdant l’équilibre, il se rompit le bras exactement au même endroit '.
1. Mme Vaugeois, in Rev. des Trad. pop., t. XIII, p. 140 (abbé Goudé) Hist. et Lé g . du pays de Châleaubrianl , p.
2 A Oraio. Curiosités de l'Ille-et-Vilaine, 1887, in-18, p. 4.
3! Léo Desaivre. Le Monde fantastique, p. 9. Le Pays poitevin, février 1899.