‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 440 sur 503 · LES CACHETTES DE PRÊTRES · texte numérisé non relu

LES CACHETTES DE PRÊTRES

La courte légende qui suit est la seule qui, à ma'connaissance, se rattache aux célébrations clandestines du culte après la fermeture des églises. Un jour que le curé de Saint-Martin-de -Vitré allait finir la messe qu’il disait en cachette dans une maison de la ville, les bleus survinrent ; le prêtre s’échappa par une fenêtre qui donnait sur le jardin, et les fidèles ramassèrent le calice et les ornements dans une armoire. Lorsqu’elle eut été ouverte par ceux qui faisaient la perquisition, on vit que des toiles d’araignées s'y étaient formées et dérobaient aux regards les objets sacrés1.

Plusieurs prêtres se cachèrent dans des maisons où se trouvaient des pièces dissimulées dans la maçonnerie, ou obtenues par de faux plafonds et qui portent encore le nom de chambre au prêtre, ou de cachette au prêtre 2. On raconte en Savoie qu’un homme ayant dénoncé celle du curé de Mégève, mourut subitement sur le seuil de sa demeure ; depuis ce jour une eau rougeâtre a jailli sur le lieu même et une croix y a été érigée 3. Les maisons où furent commis des meurtres de prêtres sont hantées. Depuis que l un d eux a été tué dans une ferme à Hénansal (Côtes-du-Nord), on entend tous les soirs à la même heure, dans le grenier un bruit pareil à celui que fait un sac de pommes de terre que 1 on décharge ; un jour on lava le grenier, et à l’endroit même d’où semblait sortir le bruit, on vit une large tache de sang ; c’est en vain que 1 on a essayé de l'effacer : elle persiste toujours et elle est aussi fraîche que si le sang avait été répandu la veille. A Courbeville, dans la Mayenne, on ne peut non plus faire disparaître l’empreinte que laisse sur une porte la main sanglante d’un noble ou d’un prêtre surpris avec d’autres dans une cachette

Les habitants d une ferme de Soudan (Loire-Inférieure), étaient réveillés toutes les nuits par des chants d’église, ou des « bruits » indéfinissables, le fermier fit démolir un mur, derrière lequel ils paraissaient se produire, et l’on y trouva des ornements sacerdotaux, qui avaient été murés pendant la Révolution. On disait qu’un prêtre, caché dans ce logis, avait été découvert et tué par les bleus ; on porta les ornements à l’église, on fit dire des messes, et tout bruit cessa. Dans la chapelle du manoir du Bois-Brient, près de Chàleaübriant, où un prêtre fut massacré au pied de l’autel, ce n’est pas son fantôme que l’on voit ; mais de gracieuses apparitions : pendant la nuit de Noël trois belles demoiselles vêtues de blanc, se tiennent par la main et

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