‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 464 sur 503 · EPOQUE CONTEMPORAINE · texte numérisé non relu

EPOQUE CONTEMPORAINE

vers 1852 : Dans l’Ouest, le paysan qui saluait l’avènement du nouvel empire disait que c’était son grand Empereur qui reprenait naturellement sa place, après avoir pu échapper enfin aux mains hostiles des Anglais. Je n’ai eu connaissance d’aucun trait vraiment populaire en 1 apport avec la guerre de Crimée. En Poitou on expliquait d’une façon assez singulière les causes de celle de 1859 - Napoléon III n’était allé battre les Autrichiens en Italie qu’afin de reconquérir la couronne impériale, volée par ces gueux-là à son cousin le duc de Reichstadt h

Aucun épisode de l’année Terrible (1870) n’a pris une forme légendaire caractérisée.

Les traits de folk-lore relevés au cours des trente dernières années sont parfois presque en marge de la tradition, et plusieurs semblent avoir disparu peu de temps après leur éclosion. Bien que durant cette période qui pour moi va de l’adolescence au seuil de la vieillesse, je n’aie cessé de notér ceux que je rencontrais dans mes lectures, ceux qui provenaient d’enquêtes personnelles, ma récolte est bien peu abondante. Elle n’est pas cependant tout à fait négligeable, parce quelle constate la persistance de certaines conceptions que l’on pouvait croire mortes et qui ont eu une nouvelle poussée, assez éphémère d’ailleurs.

Parmi les études publiées par Mélusine , t, IX, col. 77, sous le titre de « Légendes contemporaines », sur des mots attribués à des hommes politiques, il en est une qui montre comment une anecdote peut être successivement mise dans la bouche de diverses personnes. D’après le Journal de Médecine , avril 1898. lors d’une visite au Collège de France le maréchal de Mac Mahon aurait demandé : Où sont les dortoirs ? Or le maréchal n a jamais visité cet illustre établissement, et on lui a fait prononcer une phrase dont, quelques années auparavant, on faisait honneur à M. de Cumont, ministre de l’Instruction publique. Elle n’était qu’un rifazimento ; le père de Gaston Paris, lorsqu’elle fut mise en circulation, lui rappela qu’on avait prêté à un ministre de la Restauration lamême demande malencontreuse (col. 118). Peut-être en cherchant bien, trouverait-on des parallèles plus anciens.

Comme les pêcheurs d Etretat (cf. t. IV, p. 355) lesfemmesde Port-Philippe (Morbihan) attribuant la rareté d u poisson à des causes politiques « isaient que si la République était « sabordée », les sardines viendraient en masse sur les côtes-. En 1889, on racontait que le général Boulanger s était rencontré dans la grotte de la Balme (Isère) avec don Carlos et Mandrin. En 1898, alors que le grain était cher, Certaines gens préteni aient que c était la faute des Juifs qui, après avoir acheté de grandes

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