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LA CHARPENTE

de rubans et d’une branche de laurier, et ilsinvitent le maître à les suivre pour la placer au faîte de la maison, et enfoncer une des chevilles de l'assemblage ; ordinairement, il décline cette faveur et leur remet une gratification h En Ille-et-Vilaine, c’est habituellemeut un enfant qu'on monte sur la charpente quand elle est levée, pour y placer un bouquet de rubans. Depuis quelques années, surtout si la construction est importante, on y ajoute des drapeaux ; le soir, on mange un coq, et, à défaut d’un coq, une poule2.

En Béarn, lorsqu'on vient de construire une maison, il est d’usage dans les communes rurales, d’enchâsser avec du mortier, à l’une des pointes du toit, un vase de terre rempli d’eau bénite qui la préservera de tout péril ; dans le pays de Luchon on pose sur le haut une pierre debout brute ou grossièrement taillée ; dans les Landes, on y remarque des tuiles et parfois des bouteilles debout, qui ont pu remplacer les haches polies autrefois placées là comme paratonnerre3.

Plusieurs légendes racontent que des couvreurs chargés de poser le coq sur le clocher se sentent attirés par le vide et périssent. L’ouvrier qui devait fixer le coq sur le nouveau clocher en poivrière de Saint-Sébastien près Nantes (1726), arrivé à la croix, cria à son patron resté au bas de la tour : « Où est le trou pour mettre le coq ? — Ah ! s'écria le patron, mon homme est perdu ! » et à l'instant même le garçon cédant au vertige s'abattit sur la place de l’église. On dit en Haute-Bretagne qu'un jeune couvreur étant monté avec son père, lui cria tout à coup : « Papa, voilà les gens d’en bas qui montent ! » Le père comprit que son fils allait tomber, et il fit le signe de la croix en récitant le De profundis L En Franche-Comté, avant de poser sur le clocher le coq de cuivre, on le promène solennellement par le bourg. Dans la Côte-d'Or, quand pour réparer un clocher on en descend le coq, les ouvriers après l’avoir restauré, le portent sur un brancard enguirlandé de verdure et ils parcourent le bourg ou la ville avant de le replacer ; on leur offre des rafraîchissements et aussi des pièces de monnaie. Le même usage, mais plus simple, existe dans le Maine et dans les Côtes-du-Nord, où le coq est porté par le couvreur, et orné d’un ruban ou d’une guirlande 3.

Des coutumes qui jadis ont été rituelles accompagnent encore la fin de certains ouvrages : On raconte aux environs de Dinan, et aussi dans

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