‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 99 sur 503 · Paul Sébil lot . Coutumes, p · texte numérisé non relu

Paul Sébil lot . Coutumes, p

3. V. Lespy. Proverbes du Béarn , p. 155 ; J. Sacaze. Le Culte des pierres au pays de Luchon, p. 905 ; J. de Laporterie, in Rev. des Trad. pop., t. V, p. 246.

4. Abbé A. R., in Revue hist. de l'Ouest , t. XIV, p. 229; Paul Sébillot. Légendes des métiers, les couvreurs, p. 28.

5. A. Tausserat, in Rev. des Trad. pop., t. XIII, p. 411-412 ; Fertiault, ibid., t - IH, P- 374; Paul Sébillot. Ibid, t. XIII, p. 412; Mme Destriché, ibid, t. XVIII, p. 481.

LES RITES DE LA CONSTRUCTION

le centre de la Bretagne, que lorsque les Romains avaient achevé un de ces beaux chemins qui subsistent encore en partie, ils immolaient un homme et offraient son sang aux esprits de la terre, afin d assurer la durée de leur œuvre; le sang était recueilli et répandu goutte à goutte sur la voie. Une survivance de l’efficacité attribuée à cette offrande a été relevée en 1890. Deux personnes ayant été écrasées par un train de ballast sur la ligne de Verneuil à la Loupe, avant son inauguration, les gens du voisinage disaient qu elle était assurée contre les accidents, parce quelle avait été arrosée de sang

La croyance suivant laquelle il faut que la mort passe dans une maison pour qu elle puisse être habitée sans danger existe en un giand nombre de pays. En Basse-Bretagne, c’est la Mort personnifiée qui exige ce tribut ; dès que l'on a mis en place la marche du seuil, l’Ankou s’y vient asseoir pour guetter la première personne de la famille qui la franchira. Il n'y a qu’un moyen de l’éloigner, c’est de lui donner en tribut la vie de quelque animal: un œuf suffit pourvu qu il ait été couvé1 2. En Wallonie lorsqu’une créature vivante, mêmed ordreinférieur, a péri dans une maison, elle est « signée » c’est-à-dire garantie ; jadis a Liège, avant d’entrer dans un logis neuf, on y enfermait un chat qu on laissait crever de faim3 4 5. Cette cruelle coutume semble avoir disparu, mais on a constaté la persistance de l’usage d’immoler un coq, qui est destiné à préserver les nouveaux habitants, ou, comme dans la Sarthe, à empêcher qu’une personne de la famille ne meure dans l’année. Le plus ordinairement, lorsque la victime a été égorgée, on la fait saigner dans tous les appartements L Le préjugé s’applique même aux édifices dans lesquels on 'ne fait que séjourner quelques instants. En 1845, lorsqu’on célébra pour la première fois un mariage dans la mairie nouvellement construite de Marzy, près de Nevers, où l’on n’avait pas observé l’usage, les parents des mariés, cultivateurs aisés, prétendirent qu’il devait leur arriver malheur. Pour le détourner, au moment où l’officier de l’état-civil prononçait les paroles sacramentelles, un des jeunes gens de la noce, aposté dans un cabinet attenant à la salle, égorgea un poulet qu’il avait apporté sous son habit °. A Neuville Chant d’Oisel, où de peur de mourir dans l’année, aucun paysan n’aurait consenti, jusque vers 1860, à habiter une maison neuve si préalablement le seuil n’eût été arrosé du sang d’un coq, personne ne

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