‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 10 sur 506 · ERREURS ET PRÉJUGÉS · texte numérisé non relu

ERREURS ET PRÉJUGÉS

Jusqu’ici on n’a relevé qu’un assez petit nombre de faits traditionnels en relation avec le sexe, les amours ou la naissance des animaux sauvages. Un conteur du XVIe siècle rapporte incidemment un préjugé qui était peut-être fondé sur une légende apparentée à celles, encore populaires, qui expliquent par des épisodes du déluge les particularités physiques de certains animaux. Au cours d’une dispute sur la question de savoir s’il y avait dans l’arche deux bêtes de chaque espèce, l’un des personnages dit « qu’il n’y avoit qu’un lièvre, et que la femelle échappa à Noé et se perdit en l’eau, et pour cela que le mâle porte comme la femelle3 ». On a recueilli en Anjou une variante de ce petit conte : Noé ayant coupé une patte à la hase pour boucher une voie d’eau, elle mourut de cette amputation, si bien qu’au sortir de l'arche, il ne restait plus que le lièvre ; pour lui permettre de perpétuer sa race, le Tout-Puissant lui accorda la faculté de mettre au monde un levraut femelle, qui est reconnaissable à l’étoile blanche qu’il porte sur la tête /f ; certains chasseurs poitevins affirment que les lièvres mâles mettent bas au bout de sept ans, et suivant une superstition wallonne, les lièvres changent de sexe chaque année b.

Le proverbe qui s’appliquait à un bâtard : « Il est comme le loup, il n’a jamais vu son père», et sous une forme plus courte : « Jamais loup ne vit son père® », se rattache à une croyance à laquelle les écrivains du

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