Comm. de M. G. Fraysse
o. B. Souché. Croyances, etc., p. 30 ; J. Defrécheux. Voc. de la Faune wallonne, p. 37.
6, Leroux, Dictionnaire comique ; Dr. Perron. Proverbes de la Franche-Comté ,
LES MAMMIFÈRES SAUVAGES
moyen âge font plusieurs fois allusion dans des comparaisons satiriques entre la femme et la louve :
Tantost la chetive le laisse
Et prent un autre où moult s’abaisse :
Le vaillant homme arriéré boute Et prent le pire de la route,
Là norrit ses amours, et couve Tout autresinc cum fait la Louve Gui sa folie tant empire Qu’el’ prent des lous trestout le pire
Aucunes femmes ressemblent à la louve qui eslitson amy le plus failly et le plus lait1 2. Pasquier rapporte, d’après Gaston Phœbus, que lorsque la louve est en chaleur, elle se trouve incontinent accompagnée du premier loup qui la rencontre ; celui qui la suit par un instinct de nature se met à suivre cestuy, et le tiers semblablement à la queue du second, tellement que de queue en queue, ils font une grande traînée de loup. Elle vague sans aucun arrêt, tant que finalement, eux tous las et recrus, elle commence à se reposer, ce que font semblablement lous les loups, et pendant qu’ils sont en un fort sommeil, elle s’adresse au pire de la troupe, qui est celui qui le premier a fait sa rencontre, et qui est lassé davantage ; quand elle a satisfait à son déduit, elle s'éloigne, et les autres, à leur réveil, étonnés de son absence, et reconnaissant au flair celui qui les a supplantés, tous d’un commun accord le dévorent. Cette superstition est encore, presque sous la même forme, populaire en Franche-Comté 3.
On dit en Normandie et en Lorraine que lorsqu’une louve met bas, elle donne aussi le jour à un chien. Quand ses petits ont grandi, elle les conduit au bord de l’eau, où elle reconnaît le chien à sa manière de boire, et, prise d’une haine furieuse pour ce fruit dégénéré de ses entrailles, elle le dévore sur-le-champ. Si un jeune chien échappe à l’exécution sommaire, et est recueilli par quelqu’un, il s’attache à son maître, mais il faut tout de même qu’il s’en méfie, car si par malheur il venait à tomber, l’animal, pris de la fureur du loup, se précipiterait sur lui4. En Wallonie, la chienne qui s’est accouplée avec un loup a dans sa portée un Chin-leup , que l’on reconnaît à ses instincts batailleurs et cruels, et qui finirait par étrangler son maître5.
Plusieurs animaux passent pour être dépourvus d’un sens. Quelquesuns sont privés de la vue ; au XIIIe siècle on disait : « la taupe qui