‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 109 sur 506 · A. Geresole, L c. p. 36 ; L.-F. Sauvé, 1. c. p · texte numérisé non relu

A. Geresole, L c. p. 36 ; L.-F. Sauvé, 1. c. p

les mammifères domestiques

viennent, le soir, frotter les vaches avec la litière des étables ; c est pour cela que des croûtes couvrent le poil de leurs cuisses ; aussi 1 est rare qu’un métayer cherche à les nettoyer, car d’apres la legen e, mal adviendrait à celui qui voudrait détruire le travail des esprits de la nuit1. Lorsque ceux du pays de Léon sont fâchés, ils s’amusent a jeter aux oiseaux l’avoine des bêtes chevalines et à couvrir leur foin d’immondices ; le drac éparpille quelquefois à terre le foin de a crèche et le remplace par du fumier L On se gardait autrefois de contrarier ces esprits, de peur de ressentir les effets de leur mécontentement ;onracontait en Languedoc, où le cheval de tournée des meuniers reste un jour à l’écurie pour que le drac s’en serve dans ses courses, qu’un meunier ayant contrevenu à cet usage, le matin avant 1 aube son cheval avait disparu, et il ne revint que le soir, brisé de fatigue et ruisselant de sueur. Le drac de la Montagne Noire retourne parfois malignement la selle du cheval que l’on a disposé pour un voyage, e sorte que la croupière renferme les oreilles et que la bride enlace la

q Les animaux qui se trouvent dehors après le coucher du soleil sont aussi exposés aux malices des lutins. Ceux de la Haute-Bretagne s’amusent à prendre les chevaux par la bride et à les faire passer en dommage, ou bien à cacher un bœuf pour forcer le bouvier qui ne trouve plus son compte, à se mettre à sa recherche L Aux environs de Dinan beaucoup de laboureurs ont soin de ne jamais laisser leurs chevaux dans les champs, la nuit de la Toussaint, parce qu’ils les croient exposés, non aux entreprises des lutins, mais à celles des morts. Ceuxci les prendraient pour monture afin d’arriver plus vite aux endroits qu’il leur est permis de visiter pendant ces quelques heures, et le endemain on les retrouverait couverts de sueur et si fatigués que pendant tout le mois on serait obligé de les garder à l’écurie sans les faire

travailler ^ •

Si par hasard on vient à surprendre le Sotré, il n’y faut pas prendre carde autrement on a à redouter sa colère, et l’on peut être aussi ennuyé que l’homme qui, ayant vu un lutin qui s’amusait a faire entrer un cheval dans le réduit à porcs, voulut voir quelle malice le Sotre faisait. Le Sotré le battit, et de plus, pour retirer son cheval il fut obligé de démolir le refuge de fond en comble; un autre Sotre change en âne un homme qui lui avait pris sa calotte. Ceux qui ferment les

\ A de Soland. Dictons rimes de l'Anjou, p. 116.

2.' El vire de Cerny. Saint-Suliac et ses traditions , p. 55; A. deChesnel. Usages de

la Montagne Noire, p. 356. He Phesnel 1 c

3 Ilipp Babou. Les païens innocents , p. 142, A. de Lhesnel, l. c.

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