‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 128 sur 506 · Léon Pineau. Le F.-L. du Poitou, p · texte numérisé non relu

Léon Pineau. Le F.-L. du Poitou, p

3. A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 470-473 ; Léon Pineau. Contes du Poitou, p. 99 ; Léon Pineau, in Rev. des Trad. pop., t. VI, p. 596 ; Paul Sébiilot. Contes , t.

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LES MAMMIFÈRES ' DOMESTIQUES

La métamorphose est détruite par divers autres actes, qui supposent une intervention étrangère : la fille du roi d’Ëcosse changée en àqesse par le géant magicien Pharaüs redevient femme quand on a enlevé l’épingle qui traverse ses deux oreilles ; l'amant infidèle de la filleule d'une fée, transformé par celle-ci en cochon, reprend sa forme quand il a été louché avec une baguette magique ; une petite fille que sa marâtre a métamorphosée en une petite chèvre blanche, dès qu’elle a mis le pied sur une bague talismanique. Un conte des environs de Dinan présente un épisode curieux : un prince qui avait été condamné par un mauvais génie à finir ses jours à la porte de l’enfer, se sauve à l'aide d’un petit garçon et il traverse une large rivière sur un bateau ; dès que ses pieds ont touché le bord, il redevient un beau seigneur1. La métamorphose en chiens d'une multitude de gens venus à un château enchanté n’est détruite que si une personne peut enrouler autour de son bras les cheveux d’une princesse qui se baigne à midi dans une fontaine, et ne consentir à les lâcher qu’après qu’elle a promis de les rendre à leur état primitif. Le chien capitaine d’un conte de marins ne redevient homme que lorsqu’on a réussi à précipiter une vieille fée dans une fontaine2.

Dans un conte littéraire du XVIIIe siècle une princesse doit épouser celui qui sera assez adroit pour marcher sur la queue d’un gros matou, son favori ; un prince, après bien des tentatives infructueuses, parvient à appuyer de toutes ses forces le pied sur la queue de Minou endormi ; celui-ci se réveille et prend la figure d’un grand homme *.

Parfois une opération cruelle est nécessaire pour détruire l’enchantement : une jument blanche redevient une belle dame quand elle a été tuée et que son cœur a été coupé en deux morceaux ; la chatte blanche du conte littéraire si connu, lorsqu’on lui a tranché la tête et la queue, qui doivent être promptement jetées au feu ; le cheval d’un conte canadien qui parle pour aider un petit garçon à retrouver ses aînés, lui ordonne de le décapiter ; dès qu’il l’a fait, il voit ses deux frères que les fées avaient métamorphosés*. Pour délivrerdesfemmes changées en chèvres, il faut que leur libérateur subisse un véritable martyre6.

II, p. 120-125. Il semble qu’il en est de même du petit chien d’un conte poitevin, dont la peau est brûlée par ses belles-sœurs pendant qu’il était à se promener. (Léon Pineau. LeF.-L. du Poitou , p. 19;) F.-M. Luzel. Contes de Basse-Bretagne, t. I, p. 294.

1. F.-M. Luzel. Veillées bretonnes , p. 125-127 ; Paul Sébillot. Contes, t. II, p. 21, 235 ; Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 368.

2. F.-M. Luzel. Légendes chrétiennes, t. II, p. 285 ; Paul Sébillot, 1. c., t. I, p. 194-195.

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