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LES CHIENS ENRAGÉS

Jean ; en Anjou saint Denis défend celle de Pontigné de la présence et des méfaits des chiens hydrophobes ; la terre aurait brûlé les pattes de celui qui aurait tenté de pénétrer dans celle de Cuon, dont le patron était saint Roch. Beauveau devait un semblable privilège à saint Hubert, et à une procession faite chaque année, vers le mois de mai ; elle parcourait une partie de la paroisse, et l’on y promenait un chien tenu en laisse. De retour à l’église, il était amené devant la statue du saint protecteur, le prêtre le renversait et lui mettait le pied sur la tête, faisant le simulacre de le terrasser. On assure que dans le village de la Latte, près du fort de ce nom (Côtes-du-Nord) qui est sous le patronage de saint Hubert dont la statue se voit au pied du donjon, personne n’a jamais été mordu par un des nombreux chiens qui, suivant une croyance locale très vivante, s’y rendent de tous les points de la contrée; on racontait au mois de juillet 1901 que trois chiens avant de répandre la désolation dans le voisinage étaient venus y prier. Les chiens malades font d’autres pèlerinages : dans le Morbihan ils viennent boire à une fontaine de Bieuzy ; ceux de la Brie se rendaient d’eux-mêmes à la chapelle de Saint-Mammès, y faisaient trois tours, et s’en allaient guéris1.

On a constaté fort peu de superstitions se rattachant aux bêtes, autres que le chien, qui sont atteintes de la rage. La plus intéressante est celle du Poitou où l’on dit que la Sainte Vierge a donné un coup de baguette sur les reins du chat enragé ; c’est pour cela qu’il se traîne sur ses pattes et ne peut faire de mal 2.

Les métamorphoses d’hommes en animaux domestiques, fréquentes dans les contes, sont, d’ordinaire, l’œuvre des fées, plus rarement des magiciens ou des sorcières ; presque toujours temporaires, elles cessent à l’échéance prédite, ou quand s’accomplit une certaine condition, qui parfois n’est connue que de l’enchanteur et de sa victime.

Plusieurs sont en relation avec l’amour : un chien d’or, un bouc blanc, une chatte blanche reprennent leur forme dès qu’ils ont trouvé quelqu’un qui consent à les épouser; la chatte blanche d’un conte hautbreton, lorsque le Serpent vert qu’elle gardait se marie à l’église avec une princesse. La fille transformée en truie, en punition de l’orgueil de sa mère, garde cette figure tant qu’elle n’a pas mis au monde des enfants ayant l’apparence humaine3.

1. Paul Sébiilot. Coutumes , p. 245 ; H. Gaidoz. La raye et saint Hubert, p. 180 ; C. Fraysse, in Rev. des Trad. pop., t. XX, p. 245 ; Lucie de V.-H. in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p. 576 ; H. Gaidoz, 1. c. ; H. Fourtier. Dictons de Seine-el-Marne, p. 96.

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