IL de Kerbeuzec. Cojou Breiz, p
sert de monture au diable quand il va de par le monde pour mal faire. En Basse-Bretagne, un cheval attelé au carrosse du diable est une âme en peine, qui aideau domestique venu chez lui à s’échapper de son château h
Dans un récit picard figure aussi un animal qui est, sinon un personnage métamorphosé, tout au moins une bête au service de Satan : Un homme ayant assisté au sabbat, le diable le fit monter sur un veau qui prit aussitôt sa course et franchissait tous les obstacles ; arrivé à un rideau élevé, le veau le franchit d’un seul bond « Voilà un beau saut pour un veau ! » ne put s’empêcher de dire le paysan . « En voilà encore un plus beau ! » dit le veau en lançant son cavalier dans 1 espace. Au XVIe siècle une sorcière avoua qu’elle était allée au sabbat sur un bouc noir qui la porta si vite en l’air qu’elle ne put se reconnaître 1 2.
Au chapitre précédent j’ai parlé de femmes qui sont mères de bêtes sauvages | le plus ordinairement, dans les contes français, elles accouchent d’animaux domestiques. Ce thème qui figure dans l’ancienne littérature a été étudié dans Mélusine par M. H. Gaidoz. Nous trouvons, dit-il, dans notre poésie du moyen âge le même incident que dans nos contes. On fait aussi croire à un mari que sa femme est accouchée de petits chiens et que, par conséquent elle a eu commerce avec un chien :
Ahy, royne dame, or est li meskies grans ;
La vostre porture est orde et mescheans,
Car de vous ay rechut. VU. chiens trestous puans.
La croyance à la possibililé du fait était tellement reçue qu’en un cas la mère elle-même croit réellement avoir mis au monde des chiens.
Lasse ! dist la royne, vechy mon corps trahy.
Très douce mere Dieu, de cuer vous ay siervi,
Mais par confait peciet pui-ge avoir desiervi Que. VII. kiens sont issut eussi du corps de my3.
Lorsque, à l’instigation de la reine, la sœur de Belle Etoile lui dit qu’elle est accouchée d’un chien et d’une chienne, la pauvre princesse ne doute pas non plus de son malheur, et elle croit avoir donné le jour
1. G. Raynaud, in Romania, t. XII, p. 219-220. Une meschine de prestre persévérant dans son péchié jusques à la mort sachiez quelle est chevalet au dyable. (Les Evangiles des Quenouilles IV. 5.) ; Restif de la Rretonne. Les contemporaines par gradation, p. 79-80 ; Henri de Kerbeuzec. Cojou Breiz, p. 116 et suiv.
2. H. Carnoy, in Romania , t. VIII, p. 255 ; Henry Boguet. Discours des sorciers, ch. XIV.
3. Le Chevalier au Cygne , v. 343-345, cité in Mélusine , t. III, col. 255 ; Le Chevalier au Cygne 1. c. v. 571-574, cf. aussi la référence donnée par E. Cosquin, t. I, p. 195, à d’autres romans du moyen âge, et Le Roman de Dolopalhos p. 324, 327, éd. élzévirienne.