‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 168 sur 506 · V. Lespy. Proverbes de Béarn, p · texte numérisé non relu

V. Lespy. Proverbes de Béarn, p

LÉS OISEAUX SAUVAÛËS

ISO

dans les Vosges Jean Boubou est la huppe. D’autres prénoms sont donnés à divers oiseaux, tels que Jaque, Jaquot, Richard, Nicolas Tuyau, Chariot, etc., au geai, Colas, au corbeau, Colin, Chariot, Chariot de gariga , au courlis, Guillaume, Guillaume!, Glaumet, au pinson, Catelinette à la grèbe, Marion la Reuche, Marie Godrée, au rougeo-orge ; Margot la pie ou simplement Margot à la pie1.

° Quelques appellations supposent une certaine familiarité ; dans nombre de pays on connaît le loriot sous le nom de Compère Loriot qui a des formes dialectales variées ; dans les Deux-Sèvras le proyer est le Compère Guilleri, dans les Côtes-du-Nord ma Commère Margot est un des sobriquets de la pie. Les marins de la Manche désignent le coucou sous le nom du « parent : » En Orléanais le rouge-gorge était appelé au XVIIIe siècle, Misère, Bonhomme Misère, Pauvreté. D’autres surnoms font allusion à leurs habitudes : c’est ainsi qu’on appelle le pivert, avocat ou procureur des meuniers, parce que son cri annonce la pluie, le grimpereau mesurous d’feuve, râclous d feuves, en raison de son goût pour ce légume2. Des sobriquets donnés aux oiseaux de proie sont peut-être fondés sur 1 idée qu il est dangereux de parler des bêtes malfaisantes, parce qu’elles pourraient accourir, croyant qu’on les appelle ; le nom de bon oiseau est donné en Savoie à la buse, et dans la Suisse romande à l’épervier*.

On a pu voir dans plusieurs passages de cette monographie que la traduction de la ritournelle de certains oiseaux est en relation étroite avec le rôle qu’ils jouent dans les légendes. Parmi les formulettes recueillies, il en est beaucoup qui sont ironiques, plaisantes ou simplement rythmiques, alors qu’un plus petit nombre se rapportent à leurs occupations habituelles, à leur caractère, ou à leurs appétits. C’est à une époque assez récente qu’on s’est préoccupé de les relever : en 1879, la Faune populaire de E. Rolland n’enregistrait qu une quarantaine d’explications du cri d’une douzaine d’oiseaux, alors qu’une enquête (1880-1882), en Haute-Bretagne m’en fournissait plus de cent, attribuées à trente-deux oiseaux. Je donnerai seulement quelques-unes de celles qui ont un sens, en laissant de côté celles, beaucoup plus nombreuses, qui sont onomatopiques, ou qui, pour être comprises, nécessiteraient un commentaire parfois hypothétique.

Celles du roitelet, inspirées par le contraste de sa petitesse avec les arbres sur lesquels il se pose, lui prêtent des sentiments d’outrecuidance et de vanité. En Basse-Bretagne on prétend qu’il chante : Dir, dir,

d. E. Rolland. Faune pop., t. II, p. 55, 52, 99, 143, 109, 351, 404, 262, 132.

2. E. Rolland. Faune pop., t. II, p. 231, 197 ; Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 169, p. 205, 181 ; E. Rolland, 1. c. p. 261, d’a. Salerne.

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