‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 176 sur 506 · L. F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p · texte numérisé non relu

L. F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p

6. F. Daleau. Trad. de la Gironde, p. 35 ; M. Monnier, in Soc. des Antiq. de France , t. IV, p. 411 ; H. Labourasse, Anciens us. etc.} de la Meuse , p. 183.

CISEAUX RÈâPECTÊS 489

Pâques, est exposé à toutes les disgrâces, alors que Dieu fait revivre sa victime et la rend plus heureuse qu’elle ne l’aurait été b

Les marins et les habitants du littoral croient qu’il est dangereux de tuer les oiseaux de mer ; il arrive des accidents aux navires lorsqu’on a tué un pétrel ou un goéland2. Les sauniers de la Camargue n’oseraient tirer à la nuit tombante sur le gabian , l’oiseau du bon Dieu qui, disentils, traverse les nuages après le coucher du soleil pour remonter au ciel 3.

Suivant une idée assez peu répandue, le meurtre de certains oiseaux est méritoire, comme dans les Vosges, celui de la buse, qui est un oiseau du malheur4.

Le roitelet et le rouge-gorge ont joué dans les coutumes populaires jusqu’à une époque récente, un rôle dont l’origine et le motif sont assez obscurs et qui semble en contradiction avec les sentiments que les paysans professent d’ordinaire à leur égard. A. Carcassonne, la fête du Roitelet que l’on faisait remonter aux Templiers, était le privilège de la jeunesse qui habitait la rue Saint-Jean dans la basse ville. Chaque année le 31 décembre, le vainqueur de la fête de l’année précédente réunissait au son du tambour et des fifres les jeunes gens ayant droit d'assister à la fête pour le lendemain 1er janvier, à une heure déterminée sous un ormeau de la rue St-Jean ; ils se rendaient à un bois, et armés d’une baguette ils cherchaient à abattre un roitelet. Le premier qui y parvenait recevait une couronne des mains du précédent vainqueur, et l’on plaçait l’oiseau entouré d’une guirlande de chêne au bout d’une perche aussi longue que possible. Le 6 janvier, le nouveau Roitelet, décoré d’une croix de Malte et un sceptre à la main se rendait avec ses compagnons à la messe de l’église Saint-Vincent, puis il allait souhaiter la bonne année aux magistrats municipaux. Si la chasse avait été infructueuse, l’ancien Roitelet jetait en l’air l’oiseau de l'année précédente, et celui qui s’en emparait était proclamé roi. Ce divertissement interrompu vers 1792 fut repris au retour de Louis XVIII 5. A la Ciotat, près de Marseille, cet usage était pratiqué pendant la Révolution, aux premiers jours de

1. Régis de la Colombière. Cris de Marseille , p. 278 ; G. de Mensignac. Sup. de la Gironde , p. 114; Roussey. Glossaire de Bournois , p. 223; Paul Sébillot. Trad. t. Il, p. 200 ; E. Rolland. Faune pop., t. II, p. 228 ; Eugénie de Guérin. Journal , 1834 ; L. Dardy. Anth. de l'Albret , t. I. p. 231 ; A. Geresole. Lég. des Alpes vaudoises, p. 332 ; Gom. de Mme Lucie de V.-H.

2. Cl. t. II, p. 79; Le naufrage du Républicain vers 1794, arriva après que le capitaine eut tué un goéland.

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