‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 177 sur 506 · L.-F. Sauvé. Le F.L. des Hautes-Vosges, p · texte numérisé non relu

L.-F. Sauvé. Le F.L. des Hautes-Vosges, p

5. Gaston Jourdanne. Contribution au F.-L. de l'Aude , p. 7-8; E. Rolland. Faune pop., t. II, p. 296, donne une autre description de la fête telle qu’elle se passait en

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Nivôse (23 déc.) l’oiselet était promené de la même manière ; il y avait ensuite un festin '. Dans le Loiret, le jour de la Chandeleur, on tue un rouge-gorge mâle ; on l’embroche avec une baguette de coudrier et on le pose sur les chenets devant le feu ; aussitôt placée, cette broche improvisée se met à tourner seule 2. C’est probablement à un usage du même genre que fait allusion un vieil auteur : Comment est-ce que le petit oiseau nommé le Roitelet estant mis dans une brochette de corneiller se tournant de luy-même se rostit au feu. Possible se tourneroit-il tout aussi bien en une brochette de quelque autre bois verd, et un autre petit oisillon tout de mesme 3.

En raison des privilèges qu’on leur accorde on conserve dans les maisons les cadavres de certains oiseaux; en Lorraine une pie suspendue aux soliveaux d’une grange en éloigne les rats et les souris; en Haute-Bretagne, elle chasse la vermine du grenier, lorsqu’elle a été tuée dans le décours d’août4. Les paysans clouent assez souvent aux portes des écuries ou des granges les chats-huants qu’ils peuvent tuer, pensant qu’ils préservent les granges des maléfices ; dans l’Yonne, on y attache les oiseaux de proie5. En Poitou on tire des présages de bon pu de mauvais temps d’après le martin-pêcheur suspendu au plafond6.

Les oiseaux en captivité sont l’objet d’un certain nombre de croyances : Dans la Nièvre, mettre une hirondelle en cage porte malheur ; aussi quand on en attrappe une, on lui attache un ruban à la patte et on la laisse s’envoler ; cette action donne de la chance à celui qui la fait. A Paris, vers 1860, des personnes de toutes les classes achetaient des hirondelles aux marchands d’oiseaux, et leurs rendaient la liberté, pensant par ce moyen s’attirer la bénédiction du ciel et pouvoir réussir dans leurs entreprises1.

L’usage de remettre en liberté des oiseaux capturés qui existait naguère encore dans le Vaucluse se rattachait à des idées un peu différentes ; chaque année au moment de l’Elévation de la messe de minuit on lâchait des oiseaux de diverses espèces ; à Mazan, on remarque si ces captifs ainsi délivrés prennent leur vol vers le maître autel, ou s’ils se juchent sur les corniches ou sur les statues des saints. Dans plusieurs pays, c’était un roitelet que l’on s’efforçait de prendre vivant, et qu’on donnait au curé qui, après la messe de minuit,

1. Swainson. Folk-Lore of British Bii'ds, p. 42 d’a. Sonini Travels.

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