‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 182 sur 506 · Roman de Renart, éd. Martin, t. I, p. 23, v. 753 et suiv · texte numérisé non relu

Roman de Renart, éd. Martin, t. I, p. 23, v. 753 et suiv

2. E. Rolland. Faune pop., t. II, p. 140 ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Vosges , p. 9 Fr. Marquer, in Rev. des Trad. pop., t. XI, p. 41.

3. Cambry. Voyage dans le Finistère, p. 346 ; Vérusmor. Voy. en Bretagne p.

; £auvé, iQ Rev • Celtique , t. VI, p. 497 ; Paul Sébillot. Trad., t. II, p.

195 ; Richard. Trad. de Lorraine, p. 242 ; A. de Chesnel. Usages de la Montagne Noire, p. 370 ; A. Le Braz. La Légende de la Mort, t. I, p. 6 ; Quirin Esser, in Melusme, t. IV, col. 354. ’

.4. E, Rolland, l, c. p. 48; Paul Sébillot, 1. c. t. II, p. 167.

LÉS OiSËAUX SÀÜVAGËS

Meuse on considère comme de mauvais augure l'entrée d’üne hirondelle dans un logis K

Au XVIIe siècle, le butor qui volait la nuit au-dessus de la tête de quelqu’un était d’un funeste présage. Dans la Montagne Noire, si des oiseaux passent au-dessus d’une femme occupée à laver les langes de son enfant, il sera atteint prochainement de quelque maladie 2.

Les bandes de corbeaux qui volent d’une certaine manière ont été de tout temps regardées comme un signe avant-coureur de calamités, et parfois elles menaçaient toute une contrée : Avant que celle grande peste qui a affligé Paris et presque toute la France en 1561, 1562 et 1563, on ne voyoit que corbeaux en l’air sentans l’indisposition d iceluy et s’assemblans à l'odeur de la prochaine mortalité3. Les batailles d’oiseaux figurent aussi parmi les pronostics notés par les anciens auteurs. Théodule, évêque d’Orléans, a décrit un combat singulier entre deux troupes d’oiseaux qui aurait eu lieu en 798 sur les frontières du pays toulousain et du Quercy et dont il aurait été témoin. En 1451 des pies et des geais se livrèrent bataille sur les confins de la Bretagne, et ce prodige se renouvela au moment où la guerre éclata entre ce pays et la France (1488) ; en Normandie les corneilles qui se battent annoncent la guerre4. En 1492, on vit le quatre Mai, entre Paris et Villejuif, plus de quatre cents corbeauxs’entre battre avec tant de furie et croasser si effroyablement que le lieu rougit de leur sang ; après quoi sur les neuf heures du soir, il commença à pleuvoir à seaux, ce qui dura toute la nuit, et enfin cette ravine fut si grande que l’eau entroit dans les maisons et jusques dans les églises5. Dans le Finistère à la fin du XVIIIe siècle des corbeaux en voltigeant au-dessus des villes annonçaient des maladies. En Normandie les troupes de corneilles qui volent en l'air marquent la famine, et par la direction de leur vol ou les inflexions de leur voix, elles présagent aussi la disette ou l’abondance 6.

Les changements d’habitude ou le départ prématuré des oiseaux de passage n’annoncent rien de bon. Au XVIe siècle, on disait : Se arondes habandonnent la place de l’an passé pour autre, c’est signe de malheur. Cette croyance se retrouve en Auvergne: le mois ne se passera pas sans accident, si les hirondelles qui avaient 1 habitude de nichera

1. E. Rolland, p. 47; d'a. Salerne. Ornithologie , t. Il, p. 109 ; J. -J. Juge. Changements dans les mœurs des habitants de Limoges , p. 178 ; A. Le Braz, 1. c. p. 5 :A. Meyrac. Trad. des Ardennes , p. 187 ; H. Labourasse. Anciens us de la Meuse, p. 17^.

2. J. -B. Thiers. Traité des sup., t. I, p. 209; A. de Chesnel. Usages de la Montagne Noire, p. 370.

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