Sauvai. Antiquités de Paris, t. II. p
6. A. Garnbry. Voy. dans Le Finistère, p. 164 ; A. de Nore. Coutumes , etc.,p. 272.
PRÉSAGÉS ÎIRÉS DU CliAlW
la maison ou dans la grange n’y suspendent plus leur nid. Dans la Gironde on croit voir un présage d’épidémie dans leur disparition avant 1 époque ordinaire de leur départ. En Hainaut, on n’aperçoit, en temps e contagion, aucune hirondelle, ni aucun oiseau chanteur; ils quittent e pays quelque temps avant qu’elle se déclare et n’y reviennent que lorsqu’elle est passée1. 4
Le peuple tire aussi des interprétations augurales du chant des oiseaux ; quelques-uns jouissent d’un mauvais renom exceptionnel On disait au XVe siecle : Lors que perchevez les corbeaulz en graut nombre eulz assembler en lieu non accoustumé, crians haultement et menant grant fnente, c’est tout signe d’aucune grande et prochaine adversité advenir. Dans la Montagne Noire si, en sortant de bonne eure le matin, on entend le croassement des corbeaux ou des pies un es actes de la journée sera malheureux. En Lorraine quand ces chants coïncident avec le son d’une cloche annonçant un décès il v aura prochainement une mort violente. La pie qui,' suivant une croyance de la Franche-Comté, a dans la tête un os du diable, ne peut annoncer que des malheurs. Dans la Gironde, ses cris entendus dans le voisinage d un logis présagent des choses fâcheuses à ses habitants n disait au XVe siecle : Quant agaches ou pyez gargonnent dessus une maison c est signe de très mauvaises nouvelles. Dans les Ardennes le cri de 1 orfraie ou du hibou au dessus d’une maison annonce la mort omme celui de la fresaie en Normandie, en Saintonge et en bien d au res pays; dans la Vallée d’Aoste, le cri de la chouette près des habitations prédit le décès de quelqu’un du pays 2.
Au moyen âge les chals-huants avaient la réputation d’être « annon-
aua'l'ifiaü nmaUVa!Se aventure » à l'époque où Ronsard les
qualifiait ainsi, et comme on l’a constaté bien des fois de nos jours :
• . .Moult i brait et se démente Li chahuan o sa grant hure;
Prophètes de male aventure,
Hideus messagier de dolor.
Le cahuant chante et murmure Ses chans de mort3.
Le chant des oiseaux fatidiques est surtout redouté quand il se fait
1. Les Evangiles des Quenouilles , App. B II 20 • Grival rA,.™- ^ T-
dois, p. 51 ; C de Mensitmar- u i />• ’ ,U ’ bnvel- Chroniques du Livrantes Trad. pop., t. XYm p 269 *' ’ P‘ 114 5 AIfred Harou’ in Rev.
2‘ Les Evangiles des Quenouilles. Appendice, B. IIJ, 21 • A de Chesnal 1 n „
3/1 ; E. Auncoste de Lazarque, in Rev des Trad t X n 97s 7Ï ’ ' n, P saire de Bournois, p. 107 ; C de Mens^nar ! ! w , 2]8 ’ K Roussey- Glos-
giles des Quenouilles, II 7 •' A Mevraï ïrnd A ' P;o113 ; Us Evan'
P. 47-8 ; J.-J. Christillin. Damia fS« p m. P’ ‘83; E’ Rolland’
ÛEuvrêsméd. jLItaTt. n!’pP'19t9.’éd' Francis,ïue Micheli Eustache Oeschamps
LES OISEAUX SAUVAGËâ
entendre dans le voisinage d’un malade. On disait au XVe siecle : Quan un corbauld vient crier dessus la cheminée ou la maison ou le pacient gist, c'est grant signe qu’il mora de ceste maladie. Lorsque la fresaie a chanté autour du logis d’un malade, les paysans normands considèrent sa guérison comme impossible. Dans un grand nombre de pays de
France, comme aussi dans la Suisse romande, celles qui chantent sur
la maison pronostiquent le décès prochain d’un de ses habitants ; dans les Landes, et en Béarn, pour détourner le présage, on se hatait de jeter du sel dans le feu1. La superstition qui suit n’a ete relevee qu à Gerbamont, dans les Vosges: quand un coucou chante plus près d un logis qu’à l’ordinaire, quelqu’un y mourra bientôt2.
On tire la même conclusion de la pie qui s’obstine à jacasser près de la fenêtre ; dans la Gironde, si la chouette y vient crier, c est signe e mort : en Haute-Bretagne, elle répète au-dessus de la cheminee : Coudre ! coudre ! indiquant ainsi que l’homme sera cousu dans son linceul. Dans la Manche, le chat-huant vient frapper le soir a la fenetre de la maison où il y a un malade ; en Basse-Bretagne, on dit qu ^ors 1 4 chante : Sin, sin , sin, sin. An Ankou : hou , hou , hou ! Digered d an Ankou , hou, hou 1 Le signe, le signe de la Mort ; ouvrez à la Mort Une des plus anciennes interprétations onomatopiques du chant des oiseaux qui aient été relevées est celle du cri du corbeau : Cras . crus. Demain ! que les écrivains mystiques du XIV5 siècle appliquaient au pécheur qui, pour faire pénitence, attend toujours le lendemain . Un Haute-Bretagne, les corneilles qui sont dans le voisinage d un malade chantent : J’t’areu, j’t’areu 1 (je t’aurai), j’t’attends !
Au XVe siècle, contrairement à la superstition actuelle, le chant de la pie était en cette circonstance de bon augure : quant une agache
vient gargonner c’est bon signe et le pacien garira U
D’autres chants présagent des disgrâces d’un autre ordre : dans^ la Gironde un pinson qui chante avec acharnement près de quelqu un occupé à travailler loin de chez lui indique un malheur à la maison. En Poitou quand il vient jeter près du laboureur son cri plaintif, quelque accident ne tardera pas à lui arriver ; dans la Charente l’augure est aussi mauvais. En Basse-Bretagne, le paysan marié qui entendait plusieurs pies babiller autour de sa demeure en concluait que
1. Les Evangiles des Quenouilles, III, 5 : L. Du Bois. Recherches sur la p. 342 ; A. Ceresole. Lé g. des Alpes vaudoises, p. 331 ; C. de Mensignac. Sup. d Gironde, p. 113 ; Pluquet. Contes de Bayeux, p. 39 ; Ladoucette. p. 2
(Brie); Ceresole, 1. c., p. 331 ; Métivier. De l agriculture des Landes , p. 433, Daniel Bourchenin, iu Rev. des Trad. pop., t. \ l, p. 733.
2 Richard. Trad. de Lorraine, p. 106. .
3 . Paul Sébillot. Trad., 1. Il, p. 165 ; E. Rolland, p. 48 ; G. Le Calvez, m Rev. des Trad. pop., t. XII, p. 55; Richard de Four nival. Le Bestiaire damoui, p. lUa.