E. Rolland, Faune populaire, t. I. p
4. D* Pommerol, in Rev. des Trad. pop., t. XII, p. 547 ; Variétés bibl., col. 139 -
Rolland, 1. c. p. 16. ’
LES MAMMIFÈRES SAUVAGES
les Côtes-du-Nord, on lui attribue une maladie des jambes dont les vaches crèvent, et qui s’appelle les hérissons ; on assure dans la Manche que la vache qui mange l’herbe sur laquelle une femelle de hérisson en chaleur a passé ou pissé devient malade ; en Ille-et-Vilaine, si, avant d’être menée au taureau et le jour qui suit la saillie, elle pâture dans un endroit où s’est promené un hérisson elle sera enhérissonnée , et elle vêlera péniblement ; en Franche-Comté et en Haute-Bretagne, elle avorte si elle boit où a bu l’un de ces animaux; le même accident, suivant les paysans du Bocage normand, arrive à celle qui a passé sur une taupinière où un hérisson s’est roulé, ou qui se trouve dans l’étable où il a pénétré ; dans l’Eure sa vue suffit pour provoquer l’avortement 1 . En Basse-Bretagne les bestiaux qui ont brouté l’herbe sur laquelle a uriné une belette, enflent ou crèvent2. Quelquesuns des petits mammifères sont accusés de larcins : en Wallonie, en Ille-et-Vilaine et en Basse-Bretagne, on prétend que le hérisson tette les vaches ; dans les Côtes-du-Nord, on en accuse les belettes ; dans la Manche, la musaraigne tette les mères lapines3.
Dans la Beauce et en Haute-Bretagne, les belettes viennent super les œufs dans les poulaillers ; dans ce dernier pays, les hermines s’y introduisent aussi, et elles sont si hardies que, pendant que la poule pond, elles se glissent sous elle, pour être prêtes à gober l’œuf4 5. Au XIIIe siècle, le hérisson était friand de fruits ; « si sepuet chargier de chascune part quant il se toelle ès pomes », dit le Bestiaire d'amour. En Normandie et en Bretagne, on croit qu’il se roule sur les pommes tombées et en emporte des tas dans les trous où il amasse ses provisions 3. On prétend même, aux environs de Liège, qu’il grimpe dans les pommiers, pour en faire tomber les fruits. Cette opinion était admise au XVIe siècle : Il use depourveance,car il monte sur la vigne etsurles arbres, et hoche pour en faire choir le fruict, et puis se tourne par dessus, et fiche ses aiguillons dedans, tant qu’il en est tout chargé et les porte à ses faons. 6 A cette même époque on prétendait que la chauve-souris mangeaitlapoudre etsuçait l’huile des lampes. Cette dernièreaccusation est encore portée contre elle en Bretagne, où on la cloue vivante sur les
1. Paul Sébillot, 1. c., p. 97 ; Variétés bibl. t. I,col. 238; Paul Sébillot, 1. c. Perron. Proverbes de la Franche-Comté ; Variétés bibl. col. 239; J. Lecœur. Esquisses du Bocage normand, t. I, p. 269; Var. bibl., col. 238.