‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 192 sur 506 · Agrippa d’AubigDé. Les Tragiques, 1. I · texte numérisé non relu

Agrippa d’AubigDé. Les Tragiques, 1. I

6. Laurent Joubert. Seconde partie des erreurs, p. 184; Paul Sébillot. Trad. t. II, p. 184; F. Chapiseau. Le F.-L. de la Beauce, t. I, p. 282 ; E. Rolland. Faune pop., t. II, p. 15 j J. Agostipi, in Rev. «Ut Trad. pop., t. XII, p. 515.

IWÉDECtNE POPULAlRÉ

deus de un oysel q’est appellé voutre et fetez lier al pié senestre de ceste femme travaillant, e par cel penne trovera eide meigtenant1. On disait au XVIIe siècle qu’un malade ne pouvait mourir s’il était couché sur un lit garni de plumes d’ailes de perdrix ; en Poitou cette superstition s’applique à tous les oiseaux tués à la chasse 2.

Les oiseaux sauvages sont bien moins employés par la médecine superstitieuse que ceux de la basse-cour. Voici les seuls exemples un peu typiques que j’aie relevés: Dans les Côtes-du-Nord, pour couper les lièvres, on fend une pie en quatre, et on en applique tout chauds deux morceaux sur les reins, et les deux autres sur la plante des pieds. En Basse-Bretagne, celui qui veut se débarrasser de la teigne doit s’emparer d’un corbeau gris, au moment où il fait son nid. On le descend au fond d’un puits desséché, et on l’y retient trois jours prisonnier, en ayant soin, chaque matin au lever du soleil, de lui adresser une assez longue formulette dans laquelle on le prévient qu’il ne recouvrera sa liberté que s’il indique au malade ce qu’il a à faire pour être guéri. Le troisième jour le teigneux trouvera près du puits une herbe que les frères du captif auront apportée pour obtenir sa délivrance 3.

On a cru autrefois que l’œil de certains oiseaux possédait une sorte de puissance thérapeutique : Le loriot étant regardé guérit ceux qui ont la jaunisse recevant quelquefois par antipathie une fascination naturelle par les yeux comme les petits enfants en regardant un crapaud. Cette vertu était, au XVIIe siècle, attribuée au goéland, mais l’oiseau mourait en même temps, parce que le mal lui était transmis 4; il en était de même d’un oiselet : Celui que les François appellent Rubicum a cette propriété qu’il guérit la maladie du pourpre en regardant le patient et prenant par les yeux le mal d'iceluy 6.

Au XVIe siècle on accordait des vertus spéciales à quelques parties des oiseaux : Le fiel des perdrix éclaircit la vue et mêlé en égale portion avec du miel guérit la contusion des yeux. Le sang de l’aile dextre de la tourterelle instillé en l’œil est souverain pour les coups et ulcères de l’œil, et le foie est bon pour les taies des yeux. En Basse- Bretagne, on se guérissait de la fièvre en se frottant avec la graisse d’un goéland tué le vendredi 6.

La pierre d’hirondelle passe assez généralement pour avoir une

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