F. Noelas. Légendes forêziennes, p
3. J. -B. Thiers. Traité des Svp. t. I, p. 380, 155 ; E. Rolland, 1. c. p. 322 d’a. Bardou ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 314.
4. Henry Boguet. Discours des sorciers, ch. XXXV ; J. -B. Thiers, 1. c. t. I, p. 383 ; E. Rolland, p. 7, d’a. Sorbier. Esquisse des mœurs de la Corse, 1848 ; J.-M. Noguès, Mœurs d'autrefois, p. 117.
LES OISEAUX SAUVAGES
Picardie il arrivera malheur à la maison dans laquelle on aura apporté un hibou, et son propriétaire n’aura plus de récolte ; en Ille-et-Vilaine, la cervelle de pie rendrait idiot celui qui la mangerait; en Picardie une omelette aux œufs de hibou dérange l’esprit ; dans la Meuse celui qui mange une tête d’hirondelle devient immédiatement sorcier. Au XVIe siècle, on disait que la chair du moineau, qui est très ardent en amour, provoquait la luxure *. En Haute-Bretagne on relève un exemple assez typique de la croyance à la possibilité de s’assimiler les qualités d’un animal. Celui qui a avalé le cœur d’un rossignol chante aussi bien que lui, et, comme lui, il ne dort que deux heures par nuit, mais si le vent vient à changer dans les vingt-quatre heures, il est exposé à devenir fou 1 2. Des parties d’oiseaux exercent une action nettement favorable : Dans la Suisse romande on fait manger à un enfant pour qu’il ait de l’intelligence et une bonne mémoire, un cœur d’hirondelle ; en Béarn pour vivre longtemps ou même éternellement il faut manger une grive. Au XVIe siècle celui qui avait mangé d’un cicoigneau était assuré de ne pas avoir de toute l’année les yeux chassieux 3.
Dans la Gironde une omelette composée de 5, 9 ou 13 œufs de chouette guérit les personnes adonnées à la boisson ; dans le pays de Liège, le remède est efficace quel que soit le nombre d’œufs4. Parmi les ingrédients qui entrent dans la composition d’un charme figure :
D’un chat-huant le fiel, la langue d’un corbeau,
. le palais de fresaie5.
Les excréments des oiseaux occupent une certaine place dans la pathologie et dans la superstition. Au XVIe siècle, on croyait, comme encore en Haute-Bretagne et dans la Beauce, que la fiente d’hirondelle en tombant sur les yeux pouvait faire perdre la vue ; en Saintonge celle de la buse porte malheur, alors qu’en Corse on est assuré de ne pas mourir dans l’année si on reçoit sur sa personne celle d’un oiseau qui vole 6.
Les plumes de quelques espèces influent sur la santé : au moyen âge celles du vautour passaient pour faciliter l’accouchement : Si femme travaille de enfant e ne peot délivrance aver, pernez un penne ou
1. C. de Mensignac. Sup. de la Gironde, p. 113; Gorblet. Gloss, picard-, Paul Sébillot. Notes sur les traditions, p. 16; Corblet, 1. c. ; H. Labourasse. Anciens us de la Meuse, p. 179; E. Rolland. Faune pop. t. Il, p. 159, d’a. Aneau,