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LA COUVAISON

que la couvée fût heureuse, on faisait mettre les poules à couver le jour du mardi gras par une personne qui avait beaucoup bu l.

L’état du ciel et des astres exerce aussi son influence ; on disait au XVe siècle : Il fault se garder de mettre œfs couver le jour devant que la lune se reface et le jour après qu’elle est refaitte, car les pouchins qui en viennent ne font jamais bonne fin. En Sologne on avait soin de ne donner à la poule ou autre volatile, des œufs à couver qu’après le soleil couché, parce qu’alors les sorciers et les vents ne sont plus à craindre ; vent de galerne ou solaire rend tous les œufs clairs, vent haut produit des coqs et vent bas des poules. Dans le Loiret, pour n’avoir que des coqs la couvade doit commencer le vendredi avant le lever du soleil ; dans l’Albret, on pose les œufs vers midi pour que les poulets éclosent le jour et soient éveillés en naissant2.

Les ménagères placent des talismans de diverses natures dans le nid des poules. Celles de la Bresse y mettent des branches d’un if planté devant une église dédiée à saint Denis 3. Plus répandue est la coutume d’y poser un morceau de fer, en même temps que les œufs, souvent il est destiné à les préserver d’ètre gâtés par l’orage ; dans la Beauce, c’est un fragment de fer à cheval. Parfois le talisman n’est placé que lorsqu’il tonne, comme cela se faisait dans le Finistère à la fin du XVIIIe siècle, et actuellement dans la Gironde, afin d’empêcher les œufs de tourner. En Franche-Comté, le buis est disposé en croix avec du fer, pour que les couvées réussissent; dans le Finistère la ferraille est en croix ; dans les Ardennes une croix en fer cru sous la poule facilite la couvaison 4.

Il est utile, en certaines circonstances, d’interrompre l’incubation. En Hainaut il faut enlever les couveuses de leurs nids pendant les orages; sinon les poussins risqueraient d’être étouffés dans les œufs. En Poitou, laisser couver sous la tuile la nuit qui précède la Saint- Jean, porte malheur au maître de la maison ; dans le Loiret, les ménagères se lèvent pour ôter les couveuses de dessus leur nid, au moment où va sonner le premier coup de minuit, tant elles redoutent ce dicton :

Si saint Jean trouve poule couant I aura mort de bête ou de gens.

Dans la Beauce, on veillait autrefois les poules le jour de Saint-Jean Porte-Latine, et à minuit on les enlevait du nid, parce que :

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