‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 212 sur 506 · F. Renard. Sup. bressannes , p · texte numérisé non relu

F. Renard. Sup. bressannes , p

4. G. de Mensignac. Sup. de la Gironde , p. 136 ; E. Rolland. Faune pop ., t. VI, p. 94 ; F. Chapiseau. Le F .-L. de la Beauce, t. I, p. 278 ; Cambry. Voyage dans le Finistère, p. 165 ; Fr. Daleau. Trad. de la Gironde , p. 23 ; E. Rolland, 1. q. : A, Meyrac. Trad . des Ardennes , p. 186,

LES OISEAUX DOMESTIQUES

, Saint Jean rencontrant poules couvant Leur tortille le cou en passant,

Ou meurent dans l’année bêtes et gens.

En Touraine où existe aussi la croyance à un malheur, les femmes ont soin d’ôter les œufs, vers dix heures du soir; parfois elles les prennent dans leur lit et les remettent le lendemain matin à la première heure l.

L’époque à laquelle les œufs ont été pondus influe sur la qualité des poussins. Les coqs et les poules provenant de ceux du Vendredi saint changent de couleur tous les ans, ou sept fois dans l’année. En Poitou les coqs qui sortent des œufs pondus pendant la messe du même jour chantent en sortant de la coque ; dans l’Yonne pour se procurer des poulets à trois pattes, on fait couver des œufs du Vendredi saint2.

La matière qui sert à la confection du nid, la façon dont les œufs sont placés et quelques menues pratiques assurent le succès des couvées. En Saintonge, on ne confectionne les nids qu'avec de la paille de seigle, et les œufs sont toujours en nombre pair ; dans les Vosges, ils doivent être posés pointe contre pointe ; dans la Gironde, pour avoir des mâles et des femelles, il est nécessaire de répéter en les plaçant : Poule et jau ! (coq). A Marseille, le nombre treize est préféré ; si on dépasse ce chiffre, il faut toujours qu’il soit impair, comme aussi en Wallonie, en Poitou et dans le Maine ; dans ce dernier pays, la personne qui place les œufs doit avoir sa coiffure de travers ; aux environs de Lorient, elle se sert alternativement de la main droite et de la main gauche ; en Lauraguais, on se signe en posant les œufs qui souvent ont été plongés dans de l’eau bénite ; il ne faut pas les mettre sur une table ou les poussins qui en naîtraient seraient atrophiés des jambes 3.

Les actes accomplis en dehors du poulailler pour assurer la qualité de la couvée ne paraissent pas nombreux. Dans le Gâtinais, pour qu’il ne sorte que des mâles des œufs de dinde mis à couver, on danse le dimanche des Brandons, autour du feu allumé dans les champs, en chantant : « Tous cos ! tous cos ! 4 ».

1. Alfred Harou. Le F.-L. de Godarville, p. 14; B. Souché. Proverbes , p. 14; E. Rolland. Faune pop., ï. VI, p. 95 ; Félix Chapiseau. Le F.-L. de la Beauce, t. I, p. 278 ; (dans les autres pays le jour fatal est le 24 juin et non le 6 mai, jour de Saint Jean Porte Latine). Léon Pineau, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 478.

2. L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosç/es, p. 116; Richard Trad. de Lorraine, p. 246 ; A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 183; Léon Pineau. Le F.-L. du Poitou, p. 496 ; G. Moiset. Usages de l'Yonne , p. 118; dans le Morvan, on marque ces œufs avec du charbon, et comme ils sont naturellement bénits, on ne les met jamais sous la couveuse. (E. Rolland. Faune pop., t. VI, p. 91).

3. J.-M. Noguès. Mœurs d'autrefois en Saintonge, p . 189; L.-F. Sauvé, 1. c., p. 26 ; Fr. Daleau. Trad. de la Gironde, p. 23 ; Regis de la Colombière. Cris de Marseille, p. 225 ; E. Monseur. F.-L. wallon, p. 16; E. Rolland, 1. c. ; B. Souché. Croyances, p. 6; X. de la Perraudière. Trad. locales, p. 6 ; E. Rolland. Faune populaire, t. VI, p. 94; P. Fagot. Le Folk-Lore du Lauraguais, p. 315.

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