‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 221 sur 506 · SORCELLERIE ET MALÉFICES · texte numérisé non relu

SORCELLERIE ET MALÉFICES

soTcellerie, tient souvent à leur couleur. Dans les Vosges, si parmi les poussins nés le Vendredi saint se trouve un coq dont le plumage soit entièrement noir, on le tue l'année suivante à pareil jour, on le fait cuire entre onze heures et minuit ; celui qui aura mis la main sur le plus petit de ses os peut se rendre invisible en le plaçant dans sa bouche1. Une sorcière de Basse-Normandie qui voulait punir un sorcier malfaisant, et l’amener à récipiscence, prit, après une sorte d’incantation, deux pigeons noirs, les mit dans une marmite suspendue à la crémaillère, puis avec une longue fourchette aux dents aigües, elle larda les deux oiseaux; elle ne cessait de grommeler des paroles secrètes, que parfois elle interrompait pour écouter, puis elle étendait la main et avec l’index traçait dans l’air quelques signes mystérieux. Peu après, la porte s’ouvrit et un homme dont les habits étaient couverts de sang entra en s'écriant : « Grâce ! » Dans les Hautes-Alpes, des gens pour découvrir un sorcier volaient des clous neufs et une poule noire qu’ils faisaient bouillir avec du vinaigre dans un pot de terre neuf. Dans la Gironde, on compose un maléfice amoureux en lardant un cœur de pigeon d'autant d’épingles que l’on peut en mettre, mais toujours en nombre impair; lorsqu'on a jeté le cœur ainsi préparé dans les flammes d’un grand feu de sarments, on dit : « Je veux que le cœur de telle ou telle personne brûle d’amour pour moi comme ce cœur brûle dans le foyer». On termine l'opération en récitant autant de Pater et d' Ave qu’en indique l’heure à laquelle on fait ce sortilège, et cette heure doit toujours être impaire -. Dans la Creuse, pour conjurer le mauvais sortie jour du mariage, les garçons poursuivent une poule toute noire en lui tirant les plumes pour la faire souffrir et crier, puis ils la jettent toute vivante dans la marmite, sans la plumer et sans la vider. La poule noire a servi aussi à découvrir fauteur d’un vol : dans une garnison des Alpes, vers 1795, on en plaça une dans le coin le plus reculé de la chambre qui était dans une obscurité à peu près complète, et on invita chaque homme à lui passer la main sur le dos ; elle devait crier quand le voleur la toucherait 3.

Plusieurs récits populaires parlent de charlatans qui charment les spectateurs au point qu'un coq leur semble traîner une lourde poutre, alors qu’un simple fétu est attaché à sa patte ; au XIIIe siècle, un magicien par le secours du diable, produisait la môme illusion4.

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