J. -B. Andrews, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p
LES MÉTAMORPHOSES
coqs » a subi aux environs de Rennes une atténuation intéressante à noter. L’animal est représenté par un simple piquet fiché en terre et surmonté' d’un papier. On bande les yeux aux joueurs qui, chacun à leur tour, et armés d’une faux sont placés à quelque distance du but. Celui qui parvient à faucher le piquet a comme récompense un lapin ou plus ordinairement un coq *.
A. Bulat-Pesti vien, le pardon du coq a lieu le dimanche qui suit la saint Biaise. Des fidèles ont l’usage d’offrir au saint des chapons qui sont vendus au profit de 1 église, à l’exception d’un seul. Après la messe le sacristain monte au clocher, l’y dépose et l’excite à prendre son vol; il sera la propriété de celui ou de celle qui l’attrapera et l’on prétend que les blés de l’année seront plus beaux du côté de la commune où le coq est venu s’abattre 1 2.
On connaissait au XVIIe siècle une superstition qui n’a pas été relevée de nos jours, et qui consistait à manger un coq le jeudi saint, en mémoire de celui qui, ayant chanté trois fois, fit souvenir saint Pierre de son péché 3.
Je parlerai dans un autre volume du sacrifice du coq lors des constructions ou de la prise de possession des maisons.
Le rôle des oiseaux domestiques dans les récits populaires est bien moins considérable que celui des oiseaux sauvages. La liste de leurs métamorphoses est assez courte, même si l’on y joint celles qui figurent dans quelques contes littéraires. Dans un récit de la Haute-Bretagne, une princesse changée en oie blanche par une fée ne doit reprendre sa forme que lorsqu’un homme aura consenti à l’épouser4. Parfois la transformation est produite par un objet matériel : un chercheur d’aventures endormi devient dindon après qu’un petit oiseau lui a passé une plume sous le nez ; une dame est changée en colombe quand une sorcière lui enfonce une épingle de fer dans la tête. Les fées métamorphosent en coq un petit garçon qui a mangé leur poule ; une fée lorraine, croyant avoir affaire à sa bru qu’elle déteste, change une vieille en cane; dans un conte littéraire, une nourrice bavarde devient poule dès qu’une fée l’a touchée de sa baguette. Dans un récit berrichon un petit garçon qui a été tué revient, sous l’aspect d’un coq, chanter sur le toit de la maison de son meurtrier5.
1. E. Rolland. Faune pop., t. VI. p. 103 ; A. Orain. Le Folk-Lore de l'Ille-el- Vilame t I, p. 234; O. Colson, in Wall onia. t. Il, p. 173 ; C. S. Schepers, ibid. ; Paul Sebillot. Coutumes de la Haute-Bretagne , p. 252.