Paul Sébillot. Trad ., t. II, p. 224 ; Coutumes , p
2. Mensignac. Sup., p. 225 ; F. Daleau. Trad. de la Gironde , p . 3 1 , 39; J.-M. Noguès, p. 152 ; C. de Mensignac. Sup., p. 225.
3. Charles Lejeune, in Bull, de la Soc. d' Anthropologie, 1903, p. 275 ; F. Daleau, I. c.
4. Rev. des Trad. pop., t. VI, p. 550 ; F. Duine, ibid., t. XV, p. 507.
5. Antoinette Bon, in Rev. des Trad. pop., t. II, p. 230 ; E. Rolland. Faune pop., t. 111, p. 33 ; A. Fourtier. Dictons de Seine-et-Marne, p. 72.
6. J.-B. Andrews, in Rev. des Trad. pop., t.IX, p. 258 ; D' Pomtnerol, ibid., t. XII, p. 550.
286 LES' REPTILES
tête ou seulement sa langue, ou sa queue. En BasSe-Normandie et en Haute-Bretagne, lès sorciers et les charlatans ne peuvent en imposer à celui qui a sur soi ou clans un paquet un reptile quelconque l.
§ o. médecine
La médecine populaire contemporaine fait encore usage de reptiles. C’est souvent à eux que l’on a recours pouf qu’ils débarrassent le patient de sa maladie en la prenant. En Poitou le crapaud est placé dans la chambre du patient pour absorber le mauvais air ; à Marseille, on l’introduit dans celle du fiévreux, parce qu'il attire à lui le mai: plus il est gros et hideux, plus grande est la dose qu'il aspire de la malignité de la fièvre. En Ille-et-Vilaine, on met un crapaud sous l’oreiller des varioleux pour les empêcher d’être marqués2.
D'autres emplois sont fondés sur l’idée si répandue de la transmission du mal par le contact. En Basse-Normandie, un crapaud, pris dans son trou avant le lever du soleil, est appliqué tout vivant entre deux linges sur le pouls du bras droit du fiévreux, et laissé seulement jusqu’au premier frisson. Dans l’Ain, pour faire disparaître les névralgies, on le maintient pendant une nuit sur la tête ; en Haute-Bretagne et dans le Maine, on le place sur un cancer, et il le guérit en suçant le venin 3 4. Cette pratique était en usage au NVIIe siècle, mais sous une formé plus compliquée : quand le Cancer est ouvert, il faut prendre un crapaud tout vif sans luy couper quoy que ce soit et l’appliquer immédiatement sur la playe : un gros si la Plave est grande, un petit si la Playe est petite : quand il sera appliqué, il le faut bien bander pour le faire tenir... Vous le laisserez sur la Playe l'espace de vingtquatre heures. Quand vous Posterez il faut prendre garde s'il est mangé : car s'il est mangé, c'est un témoignage que le cancer est mort... Pourtant pour bien connoistre si ie cancer est mort, il y faut appliquer d’autres Crapaux jusqu’à ce que vous remarquiez qu’ils ne sont plus mangés. Ce même remède était conseillé contre la Peste : prenez un Crapaut tout en vie, appliquez-le sur le Bubon ou Charbon et changez souvent cette appliquation '. Dans la Gironde on frictionne les verrues avec un crapaud vivant. A Lille, des Belges traitent les angines en mettant dans la bouche du malade une forte grenouille, qui doit gonfler
1. Ceresole. Lég. des Alpes vaudoises, p. 332 ; E. Rolland, t. 111, p. 12 ; J. Lecœur. Esq. du Bocage normand, t. II, p. 60; E. Rolland, t. 111, p. 80; Paul Sébillot.
Traditions, t. Il, p. 220, 225. . .
2. B. Souché. Croyances, p. 28 ; Régi? de la Colombière. Les Cris de Marseille, p. 272 ; Paul Sébillot, in Rev. des Trad. pop., t. VII, p. 107.
3. J. Lecœur. Esquisses du Bocage, t. II, p. 102 ; Le Chasseur français, 18 juin 1904 ; Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 230 ; X. de la Perraudière. Trad. locales, p. 7.
4. (Madame Fouquet). Recueil de Receples choisies expérimentées et approuvées. Villefranche, 1673, p. 156-159, 205.
LEUR ÜSÀGË EN MÉDECINE âsl
et noircir pour tirer lé mal ; si la première employée ne donne pas un résultat convenable, on peut user d’une seconde1.
Au XVIIe siècle, on attachait au cou d'un fébricitant une petite grenouille verte appelée graisset, trouvée inopinément, sans qu’on l'ait nommée ; si elle mourait bientôt le malade devait dissiper rapidement, si elle était longtemps sans mourir, il devait languir longtemps, et même être en danger de mort- En Béarn pour guérir la fièvre intermittente, il faut s’appliquer sur l'estomac une rainette vivante dans des coques de noix vertes ; la rainette frétille et la réaction qui suit est salutaire2. En Poitou, on place dans le bonnet du malade atteint de certaines fièvres, une grenouille verte; quelquefois on l’y coud; ailleurs on la suspend à son col ; dans la Brie, on prenait dans la main gauche une raine, et l’on faisait en même temps le signe de la croix. En Gascogne on mettait au cou de celui qui souffrait de la fièvre quarte, une cicoulane (lézard gris) vivante enfermée dans un fragment de roseau ; quand elle était morte le malade était guéri3. Au XVIe siècle la grenouille constituait une sorte de panacée :
Tu vaus trop plus en medecine Qu’herbe, qu’onguent ni que racine ;
Et ton fiel en quelque saison Donne au malade guarison.
Tu vaus contre le mal d’Hercule,
Ton gesier les venins recule De ceux qu’empoisonner on veut4.
Dans le Morvan on place sur la tête de ceux qui sont atteints de méningite un crapaud vivant enfermé dans un sac, et qui est supposé prendre le mal 5.
Au XVIe siècle Fernel, médecin de Henri II, notait un remède populaire qui est encore usité dans le Tarn pour se débarrasser de la toux ; il consistait à cracher dans la gueule d’une grenouille de buisson, et à la laisser aller incontinent toute vive'6.
En Wallonie, pour ne pas transpirer des mains, il faut tenir dans chacune d’elles un crapaud jusqu a ce qu’il expire ; dans le pays de Liège, on se délivre du même inconvénient en y laissant mourir une grenouille. A Marseille, un crapaud mort placé dans la poche préserve du mal de dents \
1. F. Daleau. Trad. de la Gironde , p. 46; P. Haao, in Bull. Soc. d' Anthropologie, -1897, p. 127. F
2. J. -B. Thiers. Traité des Sup t. I, p. 378 ; Daniel Bourchenin, in Rev . des Trad., t. XVI, p. 521.
3. B. Souché. Croyances, p. 28; Proverbes , p. 18; Ladoucett Mélanges, p. 404; C. de Mensiguac, p. 155-136 ; E. Ducom. Nouvelles gasconnes , p. 277.