‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 312 sur 506 · Ronsard. Œuvres, t. VI, p · texte numérisé non relu

Ronsard. Œuvres, t. VI, p

5. B. Souché. Croyances, etc. p. 26 ; C- Fraysse, in Rev. des Trad. pop. t. XX, p. 274, 275 ; E. Rolland, t. III, p. 213 ; L.-F. Sauvé, in Mélusine, t. II, c. 550.

LES INSECTES

des escargots communs, dont on a brisé la coquille sans les tuer sont appliqués en cataplasme à la plante des pieds des malades atteints de la fièvre typhoïde ; en Anjou, trois escargots vivants ou écrasés mis autour du doigt atteint d’un panaris soulagent la douleur ou la font disparaître \ En Poitou, un ver de terre réduit en cendre sur une pelle rouge guérit la dent sur laquelle il est posé ; un limaçon vivant ou le jus qui en provient, introduit dans l’oreille, débarrasse de la surdité. Dans la Seine-Inférieure, on place des centaines de lombrics autour d’un enfant qui souffre des vers. Dans les Deux-Sèvres on met au cou de ceux atteints du mal de gorge un collier de toile rempli de lombrics *.

Une comédie du XVII® siècle fait allusion à un jeu favori des enfants : Vous n'êtes pas, dit un des personnages, le premier limaçon qu’on ait fait rentrer dans sa coquille après lui avoir fait montrer les cornes3. Les formulettea que l’on chante à l’escargot pour l’engager à les attirer sont fort nombreuses ; il en a été recueilli une centaine, les unes pleines de promesses, les autres comminatoires *.

La lenteur du limaçon est proverbiale ; on dit en Jdmousin d’une personne lente, qu’elle fait comme le limaçon, qui met trois jours à atteindre le faite d’un chou, tombe et s'écrie : « Au diable la hâte ! » Dans la Côte-d’Or, on copte qu'un escargot mit trois ans pour traverser un pont ; quand il fut de l’autre côté, le pont s’écroula : « Ce que c’est que d’être habile ! » s’écria l’escargot5, Dans plusieurs contes français dont le thème se rapproche de celui du lièvre et de la tortue, le rôle de celle-ci est rempli par le colimaçon : En Haute-Bretagne, il défie le yenard à la course le lpng d'un sillon, et place secrètement à chaque bout un de ses compères, qui lorsque le renard arrive crie : Je suis au but 1 le même conte est populaire dans le Loiret et dans les Deux- Sèvres G. L’escargot parie aussi, soit avec le renard, soit avec le loup, qu’il arrivera plus promptement que lui à un certain endroit, et il y réussit en grimpant après la queue de son adversaire 7.

1. Delà Perraudière. Trad. locales , p. 7 ; C. Fraysse, in Rev. des Trad. pop., t. XX, p. 276.

2. Léo Desaivre. Croyances, etc., p, 8 ; E. Spalikowski. Paysages normands, p. 43 ; B. Souché. Croyances, etc.,p. 28.

3. Les Fées (1697), sc. 7, Théâtre italien de Gherardi, t. VI, p. 644, éd. de 1741.

4. E. Rolland. Faune populaire, t. 111, p, 196-205 ; Paul Sébillot. Traditions, t. II, p. 288-289 ; Léo Desaivre. Formulettes et Enfantines dg Poitou, p, 5; Edgar Mac Culloch. Guernsey Folk-Lore, p. 491 ; Roussey. Glossaire de Bournois, p. 97; Marius Topron, ip Rev. des Trad. pop,, t, XX, p, 38 (Picardie) ; L. Lambert, Chmts pop. du Languedoc, t. I, p. 2Q9r2tÛ.

5. J. -B. Champeval. Proverbes bas-limousins, p. 112; E. Rolland, p. 208,

6. Paul Sébillot. L'itt. orale de la Haute-Bretagne, p. 23S-239 ; E- Rolland» t. III, p. 208-209 ; B. Souché. Proverbes, etc., p. 19.

7. Clément-Janin. Sobriquets de la Côte-d'Or. Dijon, p. 88-89 ; E, Rolland, p. 2Q8 (Berry).

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