‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 313 sur 506 · LES POISSONS D’EAU DOUCE · texte numérisé non relu

LES POISSONS D’EAU DOUCE

Le folk-lore des poissons d'eau douce est assez restreint; en ce qui conceine leur création, on na relevé qu’un seul trait légendaire qui se rattache à l'idée dualiste assez courante : en Bretagne, l’anguille a été créée par Dieu et la couleuvre par le Diable. D’une manière générale, les poissons doivent leur origine a Dieu, et les reptiles qui vivent dans l'eau au Diable 1 .

La génération de quelques espèces est l’objet de croyances assez singulières : aux environs de Saint-Sever (Landes), on prétend que le brochet naît de la terre ; on y dit aussi que jamais anguille n’a produit une autre anguille, et qu’elle prend naissance dans la tête de l’alose. En Poitou, elle naît, soit du goujon, soit du grand ver plat que l’on trouve dans ce poisson : il ne tarde pas à s’échapper, à grossir, et à se tranformer en anguille. Les enfants du Bocage normand croient que les gyrins et les hydromètres sont les mères des poissons2 3.

Sans doute en raison de sa forme et de ses mouvements, l’anguille passe pour être en relation avec les reptiles ; lorsqu’elle s’envase par suite du dessèchement des canaux, les habitants des marais de la Loire-Inférieure croient qu’elle mène la vie des serpents et s'accouple avec eux ; en Ille-et-Vilaine, elle est la cousine germaine de la couleuvre, elle court après et fraie avec elle 8.

Les pêcheurs parlent des sympathies ou des antipathies’ qui existent entre les diverses espèces : en Haute-Bretagne les carpes font mauvais ménage avec les tanches, et l’on assure qu’elles les mangent : elles sont au contraire les amies du brochet, comme dans la jolie fable de Lafontaine, qui rapportait peut-être une croyance champenoise:

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