DANS LA LÉGENDE DORÉÉ
Suivant un préjugé du XVIe siècle, la pierre du cerveau d’une carpe* mise contre le pli du petit doigt répondant à la partie qui saigne* arrête le flhx de sang le plus impétueux. Dans les Vosges, réduite en poudre et soüffléé dans le ne2 du malade, elle arrête lé sang1.
Au XVIe siècle, on employait des herbes poür la guérison des poissons ! Encores qu’on die* répliqua quelqu’un, il est sain comme lé poisson dans l'eau* si est-ce que j'ay veu respaildre sur l’eaü des estangs et viviers du persil, et qü’on disoit que cela resjouissoit et guerissoit les poissons malades*.
Le rôle des poissons d’eau doüce dans les traditions françaises est assez restreint * quelques-uns figurent cependant dans la légende dorée : Saint Corentin avait, dans la fontaine Voisine de son ermitage* un petit poisson qui se laissait prendre familièrement par lui : un jour il lui coupa une petite pièce de chair sur le dos* et la donna au maître d’hôtel du roi Grallon* et quand il fut apprêté, il se multiplia de telle sorte que le prince et toute Sa suite en furent suffi* samment rassasiés. Le roi voulut Voir ce poisson, et étant allé a la fontaine, il le vit sans nulle blessure ; un indiscret ayant pris à ce poisson une pièce, pour voir s’il redeviendrait entier* saint Corentin donna sa bénédiction au petit poisson et le guérit aussitôt3. Saint Lubin qui demeurait dans un ermitage de la forêt de Louviers (Eure), se rendit un jour au marché pour acheter du poisson ; à soh retour* étant très fatigué* il s’endormit au pied d’une épine et son somiheil dura sept ans ; lorsqu’il se réveilla il trouva les poissons contenus dans son panier aussi frais qu’ils l’étaient avant son sommeil4.