‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 342 sur 506 · ORIGINES ET PARTICULARITÉS · texte numérisé non relu

ORIGINES ET PARTICULARITÉS

subi des modifications qui se rattachent à la légende : on raconte en Haute- Bretagne que les baies de sureau étaient autrefois excellentes ; mais depuis que Judas s’y est pendu, elles sont devenues si amères qu’on ne peut les manger b C'est au contraire à l’intervention d’un saint que les pommes des marais de Dol doivent d’être mangeables : Saint Magloire poursuivi par les païens, se blottit au fond d’un vieux pommier creux qui n’avait plus qu’une seule pomme au bout d’une branche à la proximité de la main du saint ; celui-ci qui était dévoré par une soif ardente la cueillit, et au lieu de la trouver âcre, elle lui fournit une liqueur aussi douce que du miel ; c’est l’origine des pommes de Doux Auvêque ; d’après une ancienne vie latine de ce saint (XIe ou XIIe siècle), les moines qui transportaient le corps de saint Magloire, ayant posé son cercueil sur l’entrecroisement des deux maîtresses branches d’un pommier qui ne donnait que des fruits amers, la branche qui avait été en contact avec lui produisit depuis des pommes d’une saveur délicieuse 2.

Un arbre au feuillage panaché, qu’on remarque à Trazegnies (Hainaut) dans le parc du château, a succédé à d’autres, dont le premier fut béni par saint Duvand, et les gens du voisinage racontent que ses feuilles sont devenues bigarrées à la suite des gouttes d’eau bénite dont elles furent aspergées par le saint 3.

On dit en Forez que le tremble a été condamné à trembler éternellement à cause de son orgueil; seul de tous les arbres il refusa de s’incliner devant saint Pardoux \ Aux environs de Dinan où chacune de ses feuilles est une âme d’enfant, si elles sont blanches en dessous, c’est qu’au pied de ces arbres se trouvent des pièces d’argent; l’endroit est indiqué le vendredi, à minuit, par un rayon de lune qui l’éclaire pendant une seconde ; c’est pendant ce court espace que la pioche du chercheur peut atteindre le trésor. Dans les Côtes-du-INord, les feuilles de l’érable deviennent rouges à l’automne parce que le sang de la fée qui y est domiciliée s’en va goutte à goutte 5.

On sait qu'en toute saison, on peut voir des ajoncs tleuris ; cette particularité a donné lieu à des dictons ; en Poitou, à la demande : En quelle saison l’ajonc n’est-il pas en fleur ? on répond : A l'époque où les femmes ne sont pas amoureuses, c’est-à-dire qu’il fleurit toute l’année. En Basse-Bretagne, promettre d’aimer tant que l'ajonc sera en fleur, c'est promettre d’aimer toujours, et l’on dit aux environs de Lamballe :

1. J. -B. Andrews, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 216 ; Paul Sébillot, ibid., t. IV, p. 410.

2. E. Herpin. La cote d'Emeraude , p. 233. Suivant cet auteur on aurait appelé cette pomme Doux évêque, en souvenir de ce miracle ; A. de la Borderie. Les miracles de saint Magloire. Bennes, 1891, in-8, p. 20, 93.

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