J. -B. Andrews, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p
4. J. -B. Andrews, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 217 ; Fr. Daleau. Trad. de la Giionde, p. 25, 21 ; L. Dardy. Anthologie de l'Albret , t. 1, p. 227.
5. Le Colombier et Maison rustique de Philibert Hegemon , 1597, fol. 67.
LES ARBRES
lapins de la garenne voisine viendront manger la vigne taillée en croissant. En Anjou, on étête les cassis en décours, pour qu’ils aient une récolte abondante1. Le Vendredi saint influe sur cette opération : au XVIIIe siècle, on disait dans l'Orléanais qu’on avait beaucoup de raisin en la faisant avant midi et à jeun, et dans l’Ain, on croit que les rats ne mangent pas les fruits de celle qui a été taillée ce jour-là 2.
Les fruits sont en relation avec plusieurs fêtes chrétiennes, et d'ordinaire les paysans croient qu’ils seront peu abondants si le temps est mauvais le jour consacré au bienheureux qui est spécial à l'espèce. En Limousin, saint Eutrope, appelé sent Estropi , s’il est trop mouillé « estropie » les cerises, et pluie de saint Georges les emporte ; cette superstition existait aux environs de Rennes au XVIe siècle: S'il plcuvoil à la sainct Georges, les cerises seroient en danger. Dans le Maine, c’est ce saint qui les noue ; s’il fait trop de vent le jour de sa fête, il ne peut monter dans les arbres et ils n’ont pas de fruits ; dans le même pays, s'il pleut, il n’y a ni prunes ni cerises sauvages ; en Poitou, ni cerises ni cormes, mais les noix sont abondantes s’il pleut le jour du mardi gras; dans les Deux-Sèvres et dans le Loiret, plus il fait noir dans la veillée de Noël, plus il y aura de prunes, car elles ne voient pas où se placer; en Touraine, pour la même raison, les noix seront nombreuses; dans la Charente, c’est pendant la messe de minuit que les pommes viennent se poser sur les arbres ; par un temps clair, elles se mettent à l’aise ; si la nuit est noire, elles s’entassent en désordre 3.
Lasupersti tion d'après laquelle certains êtres ou certaines choses, pour avoir de la chance ou pour en procurer à leur possesseur, ne doivent pas être achetées, s’applique, à Guernesey, au romarin : pour qu’il ne soit pas funeste à celui qui l’a mis dans son jardin, il faut qu’il n’ait pas été payé, mais qu'il ait été élevé et offert par un ami bien intentionné 4.
Les paysans, en vertu d’une sorte d’animisme, font parler les arbres, qui dans certains dictons agricoles leur donnent des conseils utiles ; c’est ainsi que la vigne indique comment il faut la travailler :
Houtye-m, en quin temps que-m houtyes Mes en may que-m re houtyes ,
Que-t darey bii Qui-t hara droumi.
1. B. Souché. Croyances, p. 11 ; Raphaël Blanchard, in Rev. des Trad. pop., t. IV, p.42 ; C. Fraysse, ibid., t. XX, p. 357.
2. E. Rolland. Flore pop., t. lit, p. 275, d a. Boullay. Maniéré de cultiver la vigne , 1723, p. 174 ; Faune pop., t. I, p. 23, d’a. la Statistique de la France.
3. J. -B. Champeval. Proverbes bas -limousins, p. 90, 92 ; Léo Desaivre. Croyances, p. 14; Noël du Fait. Œuvres, é d. Assézat. t. Il, p. 271 ; X. de la Perraudière. Trad. locales, p. 4; Montesson. Vocab.du Haut-Maine; B. Souché. Croy., p. 4 ; E. Rolland. Flo'-e pop., t. IV, p. 55; Léoo Pineau, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 481 ; E. Rolland, 1. c., t. V, p. 78.