‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 358 sur 506 · L.-F. Sauvé, in Rev. Celtique , t. V, p · texte numérisé non relu

L.-F. Sauvé, in Rev. Celtique , t. V, p

i 3m G vMoi8,eL U°ages de l’Yonne' P- 45 ; E. .Uoliand. F lare pop. t. V, p. 161 •

en] 7QN°#Utf' MœUVS daulrf0ls en Saintonge, p. 21 ; E. R. in Mélusbie , t. 1, eol. 73, F. Marquer, in Rev. des Trad. pop. t. XI. p. 4! .

LES ARBRES

d’un if taillé en forme de croix qui se trouve devant l’église de Saint- Denis, pour les poser dans les nids de leurs poules et les faire pondre et prospérer ; elles les préservent aussi des insectes et delà vermine h En Limousin, lorsque le lait d’une vache tarit pour une cause inconnue, on suspend une branche d’églantier aux poutres de l’étable ; dans l’Ain, une branche de néflier fixée au plafond garantit le bétail des enchantements 2.

Plusieurs arbres, en raison de leur essence, chassent les insectes importuns ou malfaisants. Cette opinion était courante au XIVe siècle . J’ay entendu dire par aucun : qui seme sa chambre de fueilles d’aune les puces s’y prennent. En Poitou, une branche de noyer feuillue les éloigne du lit ; quelques-uns mettent des feuilles sous le drap ; en Haute-Bretagne certains prétendent que ces insectes y sont attirés par leur odeur, mais qu ils meurent dès qu ils les ont touchées , en Normandie le gui de chêne les chasse. En Wallonie une branche d’érable dans un poulailler prend les poux des coqs et des poules. En Basse-Bretagne un marron d’Inde empêche les mites de s’attaquer au linge et aux vêlements de l’armoire où il est conservé 3 .

Des rameaux de certaines espèces d’arbres, placés au milieu des récoltes les préservent des insectes rongeurs. [En Dauphiné pour éloigner les chenilles d’un champ de colza ou de choux, on plante des baguettes de noisetier, de la première poussée, d'un an, à chacun des angles, moins un qui doit servir de porte de sortie aux chenilles, et l’on dit: «Insecte rongeur, je te chasse au nom de N. -S. J.-C. ». Lorsque les branches ont été fichées à chaque coin, on voit sortir les chenilles par celui que l’on a laissé sans baguette ; cette opération doit être faite avant le soleil levé, ou avant le soleil couché ; si un chien aboie, ou si quelqu’un aperçoit l’opérateur, la conjuration est sans effet. Dans le Morvan, des baguettes de coudrier, bénies le premier dimanche de mai, sont placées dans chaque héritage pour préserver la récolte- de toute influence nuisible +.

En Haute-Bretagne, les sorciers ne peuvent ensorceler le beurre quand le pilon de la baratte est en genêt ou en ajonc. En Basse- Normandie on met parfois du houx dans le lait; ses piquants ont la vertu d’écarter les sortilèges s .

Page 1