‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 357 sur 506 · LES RAMEAUX PROTECTEURS · texte numérisé non relu

LES RAMEAUX PROTECTEURS

Une branche d églantier, cueillie un certainjour etaccrochée au plafond au-dessus de la porte passait autrefois en Normandie pour garantir de la fièvre les personnes de la maison. Elle les préservait en outre des maléfices et des jeteurs de sort ; dans plusieurs endroits on l’attachait au linteau, où 1 on mettait aussi du buis bénit. D'ans quelques parties de la Bretagne, et surtout en Morbihan, on place encore une branche de gui au-dessus de la porte des écuries et des étables, pour protéger les animaux. Dans les Côtes-du-Nord, on suspend dans le cellier, afin qu elles attirent à elles le venin, une trochée de cinq ou six pommes ; à mesure qu elle se détachent, on les jette au feu ; personne ne doit en manger, car elles sont vénéneuses *.

En Basse-Bretagne pour conjurer les effets de la itempête, on met en réserve deux pommes jumelles fortement unies et a;yant conservé le lien unique qui les réunit au même rameau. Dès que le vent commence à souffler avec violence, on retire du bahut la petite boîte qui renferme le talisman, et on la dépose sur la table ; au second coup de vent, on l’ouvre en faisant le signe de la croix ; au troisième on regarde attentivement les pommes, et, si elles remuent quelque peu, on a recours à une oraison où la puissance delà pomme^est nettecnent indiquée2.

Les rameaux placés dans les écuries ou les poulaillers le» mettent à l’abri des reptiles, des sorciers, ou y attirent, le bonheur. Dans 1 Yonne, le 1er Mai, on dépose des bouleaux ou des branches d aubépine blanche à la porte des étables et sur les fumiers pour empêcher les serpents de s’y multiplier et de venir téter les vaches ; dans le Loiret on en place aussi à la porte pour repo usser les maléfices’ dans le Loir-et-Cher pour préserver les bestiaux de la morsure des animaux venimeux. En Saintonge on croyait lies garantir de la sorcellerie en attachant au mur intérieur un rameau bénit, mais il devait provenir d’un arbuste épineux, parce que les épines bénites servant a percer les tumeurs qui surviennent parfois aux animaux, avaient une vertu curative reconnue. Dans le Morbihan on met les vaches à 1 abri des soutireurs de beurre, en fixant aux murs un grand nombre de branches de sureau ; il faut de plus se procurer une ronce ayant une racine à chacune de ses extrémités et la disposer en demi cercle au-dessus de la porte ; aux environs de Pontivy la ronce à deux bouts suffit 3. Les bonnes femmes de la Bresse emportent les rameaux

1. J. Lecteur. Esquisses (lu Bocage normand, t. I, p. 30f; ■ Amélie Bnsmiei I

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looU, in-8, p. 11 , Paul Sébillot. Traditions , t. II, p. 32ï.

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