A. d’Aubigné. Aventures du baron de Fœneste, p
4. Daujou de la Garenne, in Mém. de la Soc. arch. d'Ille-et-Vilaine, 1862, p. 55, 42 ; Lecœur, I. c., t. II, p. 203.
5. Gadault de Kerville. Bull, des Sciences naturelles de Rouen, 1890, p. 283.
6. Carnbry. Voyage dans le Finistère, p. 125; L. Desaivre. Le Noyer, p. 4.
ESSENCES PARTICULIÈREMENT GUÉRISSANTES
Dans Ja Montagne noire, le gui appliqué sur l’estomac est un remède souverain contre le venin, de quelle que nature qu’il soit. Le gonflement de la rate peut se guérir en appliquant sur le côté, une branche de genêt que l’on a contournée. Dans la Haute-Garonne, pour faire disparaître le mal de dents, on se met sur le pouce une feuille de clématite L
L’usage des colliers guérissants est assez répandu. Au XVIIe siècle, on prétendait se débarrasser de la fièvre en portant au cou une feuille d’olivier cueillie avant le lever du soleil et portant ces mots : Co, roi, o 2. Dans la Gironde on place un collier de visogne au cou des vaches atteintes du cornait. On croit en plusieurs pays qu’un collier de bouchons de liège fait disparaître le lait des chattes ou des chiennes3.
Par sa seule puissance le pêcher guérit les fièvres : A Marseille, après avoir attendu assez longtemps pour que la fièvre puisse être coupée sans danger, le malade doit s’endormir à l’ombre d’un pêcher, le dos appuyé au tronc ; deux ou trois heures suffisent ; le fiévreux se réveille guéri, mais le pêcher commence à jaunir, perd ses feuilles et finit bientôt par mourir. D’ailleurs le pêcher est l’arbre maudit des sorciers; ceux-ci, paraît-il, ne peuvent guérir leurs malades qu’à la condition de porter leur malédiction sur lui 4.
En Haute-Bretagne, le sureau est « médecin » ; mais sa vertu tient à ce que chacune des fleurettes qui composent sa fleur est une fée. Quand le monde est devenu trop méchant pour que les bonnes dames puissent s’y montrer, elles se sont réfugiées dans les fleurs 5.
Les laboureurs de Basse-Normandie qui viennent intercéder saint Eloi pour leurs chevaux malades, commencent, pour se le rendre favorable, par lui offrir une branche d’aubépine, et, avant de faire leurs prières, ils l'attachent à côté de sa statue 6.
Dans l’Ardèche, pour fabriquer soi-même les baguettes du prieur de Ribes qui guérissent les hémorrhagies, on fait fondre au moment de l’équmoxe de la cire d’Espagne, dans un verre d’eau, mêlée de cendre, et on se rend à l’ombre d’un noisetier; pendant tout le temps que l'eau sera, on ne sait par quel moyen, en ébullition, on se hâte de couper des baguettes etd’en plongerles deux extrémités dans la cire fondue ; on applique l’extrémité de la baguette sur la partie atteinte d’hémorragie7.
1. G. Le Calvez, in Rev. clés Trad. pop., t. VIT, p. 91 ; Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 316; A. de Chesnel. Usages de la Montagne Noire, p. 365; E. Rolland. Flore pop., t. I, p. 11 .