‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 409 sur 506 · Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p · texte numérisé non relu

Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p

3. F.-M. Luzel. Légendes chrétiennes, t. I, p. 234, 245; Contes, t. 1, p. 102-104.

4. Rabelais. Gargantua, I. I, c, 36 ; cf. aussi Maury. Croy. du Moyen âge, p. 384 ; Fouquet. Légendes du Morbihan, p. 83.

5. OUivier Beauregard, in Rev. des Trad. pop., t. IX, p. 504 ; Le Livre du Chevalier de la Tour Landry, p. 173.

LES ARBRES

même lorsqu'on apporta par la Loire à Fleury, les reliques de saint Benoît1.

Cette merveille sert aussi à attester la vérité d’un fait ou à révéler une échéance ; un pèlerin vint jadis trouver un laboureur et lui dit que le siège d'évêque de Liège était vacant, et que c’était lui qui devait l’occuper. Le bonhomme répondit qu’il ne le croirait que si son bâton reverdissait et portait des fruits. En prononçant ces mots il le planta en terre, il prit racine et porta des fleurs et des fruits qui sont appelés Pommes de Saint-Jean. Dans un conte breton, un brigand et un ermite plantent chacun leur bâton, et leurs péchés leur sont remis quand ils ont fleuri a.

En Normandie un arbre d’une forme assez remarquable devait son origine au bâton d’un simple matelot. Sur la côte de Fatouville près du Hâvre, on aperçoit un énorme pommier qui se distingue de tous les autres par sa forme ; une de ses branches principales semble s'étendre comme un long bras pour indiquer un point éloigné, et sa coupelle à l’aspèpt d’un chapeau de matelot. On raconte qu’aulrefois la Seine vint tout à equp à modifier son courant ; nn vieux pilote de Fatouville s’était mis promptement à la connaissance du nouveau régime des eaux; mais, pomme il était vieux, c’était de la côte qu’il indiquait, en joignant le geste à la parole, la route à suivre. Quand il vit qu’il mourrait bientôt, il pria Dieu [de lui envoyer un successeur digne de continuer sa tâche. A peine son yœu avait-il été exprimé, que le bâton desséché sur lequel il s’appuyait d’ordinaire vint à prendre racine, grandit subitement, et se couvrit de fruits et de feuilles en affectant la forme du digne marin 3.

Un églantier pousse tout près d’une statue de la Vierge entre les pierres du portail de l’ancien couvent des Catherinettes àDinan. Il existe deu^ légendes sur l’origine de pet arbuste, très vigoureux en dépit de la mince couche de terre végétale qui le nourrit : ce rosier aurait été planté par un frère de §SJean de Dieu, il y a très longtemps, bien aygnt la dévolution. Suivant une autre version, une jeune fille et un garçon de SainLMalo s’étaient promis de s’épouser ; mais les parents refusèrent leur consentement, parce que le jeune homme n’avait pas une fortune en rapport avec la leur; pour empêcher toute relation entre enx, le père mit sa fille chez les Catherinettes. D’amoureux, an désespoir de cette séparation, se rendit aussi à Dinan, espérant la revoir, mais il n’y put parvenir, et pour faire ses adieux à celle qu’il aimait, il déposa un bouquet de roses sur le portail ; une branche

1. L'Ariège. Foix, 1873, in-18, p. 91-92; G. Jourdanne. Contribution uu F.-f de l'Aude, p. 207 ; Alfred Mapry. Légendes du yioypn âge , p. 166.

2. A. Hock. Croyances , p. 97-8 ; F.-M.jLuzel, £ég. chrétiennes, f. 1, p. 2Q8.

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