Paul Sébillot, in Rev. des Trad. pop ., t. XII, p
2. Paul Sébillot. Contes , t. 1, p. 112; L. Lambert. Contes du Languedoc, p. 81 ; Marguerite de Belz. La clé des champs, (p. 65, 82) ; dans une version gasconne de la Fille aux bras coupés, le père qui est le coupable s’enfonce une épine dont il ne peut guérir (L. Dardy. Anth. de l'Albret, t. Il, p. 303).
3. R.-IVL Lacuve, in Rev. des Trad. pop., t. III, p. 18 ; Fréd. Ortoli. Contes de l’ile de Corse, p. 171.
4. Mme d'Aulnoy ; Finette Cendron, in Cabinet des Fées , t. 111; L. Lambert. Contes du Languedoc , p. 20.
LES ARBRES
niera ce pouvoir; en Picardie, un cerisier ; en Provence, un figuier; en Limousin, un amandier ; en Gascogne, un oranger1.
J’ai parlé au chapitre des forêts de malédictions qui s'appliquent à certains de leurs quartiers. Au moyen âge les prêtres nuisaient quelquefois à un ensemble d’arbres. On montraà Etienne de Bourbon une partie d un bois près de Belley, qui était devenue stérile depuis qu’elle avait été anathématisée par le prieur d’un couvent auquel un chevalier l’avait enlevée ; un verger ne produisait plus de fruits, parce que le prêtre qui en était propriétaire, mécontent de ce que, pendant qu'il disait la messe, les jeunes gens détruisaient les clôtures pour en voler les fruits, lavait menacé d’excommunication, si à l’avenir il portait des fruits2.
Les arbres éprouvent parfois les effets de la magie : les Laminacs ayant envoyé au curé de Sare une ceinture de soie, celui-ci dit qu’on la place autour d’un châtaignier situé près de la grotte ; lorsque 1 homme en eut fait le tour, l'arbre et la ceinture disparureut tout-àcoup. Dans un conte littéraire du XVIIe siècle, une ceinture magique, donnée par une fée, consume les arbres autour desquels elle est mise ; la fée d’un conte lorrain remet à un homme un ruban qui fait s'enflammer le buisson autour duquel il a été attaché. Un conte de la Haute-Bretagne suppose une croyance apparentée: une fée donne à un faucheur, en lui recommandant de ne pas se tromper, deux ceintures, l’une pour lui, 1 autre pour son camarade ; au lieu de la lui porter, il l’attache à un chêne qui, le lendemain matin était tout flétri et ne tarda pas à périr. On a relevé dans le val d’Aoste une légende similaire : une fée qui avait attiré chez elle un homme marié et qui désirait l’avoir sans partage, lui remit un ruban en lui disant de le donner à sa femme pour lui servir de ceinture. Celle-ci ayant été consulter une vieille commère, alla le nouer autour d’un tronc d’arbre ; deux jours après l’arbre était entièrement sec 3.
On a recueilli en France plusieurs versions d’une légende populaire
1. Champfleury. Histoire de l'imagerie populaire, p. 95, il est vraisemblable que ce théine était populaire auparavant; Ch. Deuliu. Contes d'un buveur de bière , p. 279; Edm. Etienne, in Wallonia, t. VI, p. 136; F.-M. Luzel. Lég. chrétiennes,' t. I, p. 319; Félix Arnaudin. Contes de la Grande Lande, p. 20 ;' P. Redonnel, in Rev. des Trad. pop., t. IV, p. 571 ; Alfred Ilarou, ibid., t. V, p. 299 ; Paul Sébillot. Contes, t. Il, p. 273 ; J. -F. Bladé. Contes de Gascogne, t. II, p. 229; Ed. Edmont. Quatre légendes du gags de Saint-Pot, p. 22 ;H. Carnoy. Contes français , p. 164, 298 ; Antonin Perbosc, in Lemouzi, décembre 1904 ; J. Roumanille. Li conte prouvençau,p. 164; Abbé L. Dardy. Anthologie de l'Albret, t. II, p. 89.