‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 437 sur 506 · E. Rolland. Flore pop., t. 1, p · texte numérisé non relu

E. Rolland. Flore pop., t. 1, p

4. E. Rolland. Flore pop'., t.gll, p. 1 79k;?Regis de^la Colombière. Cris de Marseille, p. 259 ; E. Rolland, t. I, p. 247.

5. F. Daleau. Trad. de la Gironde , p. 32 ; B. Souché. Croyances, p. 623.

LES PLANTES

En raison du pouvoir protecteur qu'on leur attribue, plusieurs espèces sont cultivées sur les habitations ou dans le voisinage, ou on les conserve au logis. Dans le Maine, la joubarbe qui met à l'abri des mauvais sorts, est souvent plantée sur les maisons ; en Berry où elle s'appelle meure-jamais, elle porte bonheur à celle sur laquelle elle croit et fait vivre longtemps les gens qui y demeurent. Les paysans du Tarn regardaient comme un véritable sacrilège de l'enlever: ils la considéraient comme un préservatif contre les maladies, et quand elle était en fleur, ils en coupaient les tiges pour les disposer en croix sur la porte des étables

Les plantes qui constituent une protection contre l’orage sont assez nombreuses: tantôt elles sont efficaces par elles-mêmes, tantôt on croit que leur vertu est augmentée par une cérémonie religieuse ; il semble toutefois qu'elle est intervenue, surtout au début, pour christianiser une antique observance païenne. Le nom de quelques-unes est en relation avec leur pouvoir : en Wallonie, on fait bénir à l'Assomption des bouquets d'une variété de millepertuis appelée Djèn fleur du tônir , et lorsqu il tonne, on en jette une brindille dans le feu pour éloigner la tondre ; en Béarn on y met également une certaine plante à fleur jaune, appelée periglade, mot qui signifie foudre ; en Bas-Armagnac, la pimprenelle cueillie à la Saint-Jean, en Wallonie, des fleurs de camomille -. La presence seule de quelques herbes, cueillies lors de cette fête, préserve du tonnerre : telles sont en Normandie la verveine, dans le pays de Caux le bouquet de marguerillettes de la Saint-Jean, coupé avant le lever du soleil, et placé sur le toit, dans les pays de Spa et de Verviers les couronnes de marguerites qui y sont jetées après avoir été cueillies dans les memes conditions 1 2 3. La joubarbe se rencontre souvent sur les maisons de la Limagne d’Auvergne, mais surtout sur le mur de clôture près de la porte d’entrée 4 5. En Wallonie, où le coquelicot porte les noms de Fleur du tôni (Liège), fleur di tônir , tonir, tonoire , on en met dans la charpente sous le toit - . En Hainaut les fleurs ramassées sur le passage d’une procession les jours des Rogations et du Saint Sacrement ont la même vertu6. Une plante marine appelée Arbre de Sainte Barbe, qui se trouve fréquemment chez les pêcheurs de Tréguier,

1. G. Dottin. Les Parlers du B as- Maine, p. 185; Laisnel de la Salle. Cray, du Centre , t. 1, p. 227 ; A. de Chesnel. Usages de la Montagne Noire, p. 364-365.

2. J. Feller, in Bull, de Folklore , t. I, p. 285 ; V. Lespy. Proverbes du Béarn , p. 154 ; Auricoste de Lazarque, in Bev. des Trad. pop., t. X, p. 532- E Monseur Le F.-L. wallon, p. 21.

3. Amélie Bosquet. La Normandie romanesque, p. 294 ; B. Reyac, in Rev. des Irad. pop., t. Xf, p. 384 ; Aug. Hoci. Croyances et remèdes, p. 96.

4. Dr Pommerol, in Bull., Soc. d' Anthropologie. 1887, p. 402.

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