‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 447 sur 506 · Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XX, p · texte numérisé non relu

Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XX, p

5. Chabert. Les plantes en Savoie, p. 79; F. Duine, in Rev. des Trad. pop., t. XV, p. 507.

6. A. de Gubernatis. Mylh. des plantes, t. I, p. 110, d’après Ducange.

"f* Ùondou, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 364 ; Michel Virenque, i nMém. de la Soc. des Lettres etc. de l'Aveyron, 1868, p. 49.

LES PLANTES

Les cryptogames, à cause du mystère qui entoure leur apparition, et de leur forme sont en relation avec la sorceillerie : En Haute-Bretagne ils sont appelés Ronds de sorcières, et au dessous se trouvent des crapauds ; le nom de Trônes de crapauds, qu’ils portent en pays bretonnant, semble indiquer que ces batraciens, dont les accointances avec les sorcières sont fréquentes (cf., t. III, p. 281 et suiv.)s’en servent en guise de sièges. Les paysans du Maine et ceux de l’Ille-et-Vilaine ont soin de ne pas laisser les vaches manger les champignons mous parce qu’ils ont été déposés par les charmeurs qui veulent tirer le beurre L

Plusieurs plantes, en raison de leur rareté, de certaines circonstances ou de leur espèce, sont placées dans les maisons, ou portées par les individus qui leur attribuent une vertu talismanique. Chez presque tous les marins long-courriers de Tréguier, on voit appendu au mur, près de la statue de la Vierge et du rameau de laurier ou de buis, une espèce de goémon, sec, noir, qui a la consistance et la dureté du bois de fer, et porte une sorte de fruit marron de forme ronde et plate. Elle n’est pas indigène ; mais elle est connue sous le nom d’Arbre de sainte Barbe, et ses fruits sous celui de « Pierres ou galets de sainte Barbe. » Il orne le chapelet des dévotes, et on lui attribue la vertu de préserver la maison du tonnerre. On trouve aussi à Locmariaker (Morbihan) une graine exotique appelée Kislin Spagn, châtaigne d’Espagne, que les paysannes percent et suspendent, en guise d’amulette, avec leurs clefs ou leurs ciseaux. Les mâcles que l’on rapporte du pèlerinage de Guirmané près de Goarec (Côtes-du-Nord), sont conservées dans les maisons ou portées dans les poches; elles garantissent des inondations, du tonnerre, des tremblements de terre et font reculer la grêle 1 2.

Si certaines plantes sont employées en vertu de leur essence, dans la composition des maléfices, il en est d’autres qui constituent une sauvegarde efficace contre la sorcellerie : dans la vallée d’Aoste, on explique l’origine du pouvoir attribué en maints endroits au fenouil: saint Joseph en prisait à Bethléem et à Nazareth ; depuis, il est béni en naissant et chasse les mauvais esprits. En Béarn, on le regarde comme un préservatif souverain contre les sorciers ; le superstitieux en met dans les trous des loquets et des serrures en disant :

Si passa peu liourat , a noeyt, nat sourcièr boü,

H'et-t plaa senti , fenoulh , et d'enlra qu'haura poü.

Si passer par le trou cette nuit quelque sorcier veut — Fais-toi bien

1. Paul Sébillot. Traditions , t. ÎI, p. 331 ; E. Souvestre. Foyer Breton , t. I, p. 176 ; G. Dottin. Les Parlers du Bas-Maine, p. 246.

2. Paul Sébillot, in THomme , t. III, p. 586 ; Lionel Bonnemére, in Bull. Soc . d' Anthropologie, 1887, p. 374 ; G. Le Calvez, in Rev> des Trad. pop., t. III, p. 106,

Page 1