‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 461 sur 506 · Com. dé Mffle Lucie de V.-H · texte numérisé non relu

Com. dé Mffle Lucie de V.-H

4. J. -B. Thiers. Traité des Sup. t. 1, p. 3S2 ; Coutldes biarnés, p. 203.

5. Paul Sébillot. Trad. t. II, 337 ; L. Morin, in Rev. des Trad. t. XII, p. 90,

LES PLANTES

guérisseur l'ait faire à chacun des neuf grains, qu’il importe de garder bien secs, neuf fois le tour de l’œil, en partant de l’extrémité gauche de la paupière supérieure, et en appuyant légèrement sur tout le parcours. Pendant que chaque grain accomplit ses neuf évolutions, il récite pieusement cette prière :

Banne — impi — ’

Me da ampech — da virvi ; — ’

Dre verluz — va yreunen ed — ’

En dour — te vo — beuzet — Amen

Goutte — impie — Je t’empèche — de bouillir — Par la vertu — de mon grain de blé. — Dans l’eau — tu seras noyée. Amen. On pose les graines dans un verre d’eau, au fur et à mesure que le charme s’accomplit, et on jette ensuite le tout au feu b Dans la Brie champenoise, au commencement du XIXe siècle, on faisait cesser les douleurs de l’œil en y passant quatre ou cinq fois un grain de blé que l’on accompagnait de certaines prières ou paroles magiques1 2.

La réussite deplusieurs médications se beaux nombres : on en a déjà vu quelques exemples, et [les citations qui suivent montrent que la pratique était autrefois d’un usage courant : Pour perdre son lait que la famé alhe sauter trois fois, ou durant trois matins, sur la sauge du jardin d’un prêtre 3. Pour toutes fievres prenez le vetoine et triblez le bien et destrempez de iaue, et li donnez à boire à jetln par trois jours ou par iij. Pour fièvre tierceine, prenez iij fueilles de plantein encontre le soleil et ditez iiij. fois pater noster, et bevez le ju avec iaue benoite quant vous commencerez à trembler. Pour palazine, prenez la racine de vetoine, si la triblés et destrempez de vin, si la donez a boire par IX. jours en croissant et IX. jours en décours 4.

D’après Marcellus Empiricus, médecin de Bordeaux (IVe siècle), on remédiait puissamment aux maladies inguinales en faisant avec du liseron sept nœuds, en nommant à chacun une veuve, et en les attachant sur le talon du pied du côté où se trouvait le mal. Il recommandait aussi pour le même cas, de faire une ceinture en attachant un rejeton d’aneth avec du jonc ou tout autre lien ; il fallait y faire aussi sept nœuds en nommant à chacun une femme veuve ou quelque bêle fauve, et les attacher à la jambe ou au bras du côté atteint5.

Un vieux recueil conseille, pour guérir le fie cancer, de prendre trois paquets de sauge, de faire la croix sur le mal et de dire : « Cancer maudit, aujourd’hui puisses-tu perdre la tête et demain la racine ! »

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