P. Fagot. Le Folk-Lore du Lauraguais , p
4. B. Souché. Croyances , p. 29 ; J. Lecœur, Esquises du Bocage normand, t. II. p 61 ; Lemarié. Fariboles saintongheaises, 2e partie, p. 14 ; Laisnel de la Salle, t. II, p. 243; G. Dottin. Vocabulaire du Haut-Maine, p. 10.
5. Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 93. Comm. de M. G. Fraysse.
6. Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, 1. I. ; Aug. Hock. Croyances, etc ; du pays de Liège , p. 60 ; Nicolas de Troyes. Le Grand Parangon, p. 240.
les chairs Interdites
A cette même époque de pauvres gens promenaient des ours de province en province, publiant partout où ils passaient que ceux qui montaient dessus n’étaient plus sujets à la peur; cette petite industrie se pratiquait aussi à Paris, et ceux qui l’exerçaient, dès qu’on y était monté, le chapeau à la main, faisaient faire à l’animal quelques pas en tournant, et marmottaient certains mots que l’on n’entendait point, le tout pour un double 1 . La promenade sur l’ours constitue aussi un préservatif contre les maux à venir ; au XVe siècle, on la considérait comme une sorte de panacée: Cellui qui franchement puet chevauchier l’ours, ix. pas d’un tenant, il est affranchy de. ix. paires de maladies. Cette croyance subsiste toujours dans la région Pyrénéenne: Si l’on place un enfant sur le dos de la bête, et qu’après qu’elle a marché et fait neuf pas, on le reprend, il est exempt d’une gourme appelée le mal de saint Loup et de l’épilepsie que l’on nomme le mal de terre. Dans la Bigorre, celui qui, étant enfant a été mis dans les mêmes conditions sur le dos d’un ours, est à l’abri de la rage 2.
Suivant une superstition assez rare aujourd’hui, il est dangereux de manger après certains mammifères. On disait au XVe siècle: Qui de nuit laisse sur la table la nape estendue, et les soris viennent par nuit sur la nape mengier les miettes du pain qui y sont demouréez, quiconques mengue lendemain sur icelle, ses dens lui deviendront noirs et tostaprès pourriront. EnHainaut, lorsqu’une personne a de petits abcès aux lèvres, on dit qu’elle a mangé des aliments auxquels une souris a touché. Les Evangiles des Quenouilles indiquent un autre inconvénient, et la manière de s’en débarrasser : Si une personne mengue d’une beste que le loup aura eslranglé, et de laquelle aura par aventure mengié, à grant paine puet icelle personne rendre ame se le loup n’estoit premièrement mort. Au moins ne pourroit-il parler par long temps, s’il n’avoit fait son ofïrende à Monseigneur sainct Loup 3. Une des défenses de cette époque était fondée sur une analogie entre une infirmité et l’aspect de la partie de l’animal dont elle porte le nom : On ne doit point donner à jones filles à mengier de la teste d’un lièvre, afin qu’elles mariéez, et par especial enchaintes n’y pensent ; car pour certain leurs enfans en pourroient avoir leurs lèvres fenduez. Un épisode d’un conte de la Haute-Bretagne suppose la croyance d’après laquelle un homme est plus ou moins brave suivant la nature de la bête dont sa mère s’est nourrie
1. Dassoucy. Le Jugement de Paris, Paris, 1648, in-f°,p. 83 ; Scarron. L'Enéide travestie, ch. I ; Fleury de Bellingen. Etymologie des proverbes françois, 1656 ; Sauvai. Antiquités de Paris, t. T, p. 254.
2. Les Evangiles des Quenouilles, II, 21 ; E. Rolland. Faune pop., t. I, p. 43 ; Comra. de Mlle Félicie Duclos.
3. Les Evangiles des Quenouilles, V, 16; Alfred Harou. Le F.-L. de Godarville , p. 22 ; Les Evangiles , Y, 10.
LES MAMMIFÈRES SAtIVAGÉS
pendant sa grossesse : un domestique loup-garou n’attaque pas un passant, dont lamère, étant enceintede lui, a mangélecoeur d’un lièvre1. Au XVe siècle, il fallait, pour éviter la paralysie, s’abstenir de la chair et de la tête de l’ours ; en Hainaut, on s’expose à contracter la syphilis en mangeant la viande du lapin ou du lièvre en rut2. Au XVIe siècle le poumon de lièvre était dangereux :
Car tel manger pour le chien A vray dire ne vault rien.
D’autant qu’il cause la rage3.
La chair elle-même des animaux pouvait, en raison de l’espèce ou de la partie du corps à laquelle elle était empruntée, influer sur l’intelligence. La superstition qui suit était courante à l’époque de la Renaissance : On tient pour suspect à la mémoire, l’usage du cerveau de Connil : parce que cet animal ha la mémoire (qui consiste au cerveau) si courte que, ne se souvenant du danger qu'il vient de passer, il ne laisse de retourner au gîte d’où il s’est levé un peu auparavant 4.
Ainsi qu’on l’a déjà vu, quelques mammifères sauvages sont tués ou martyrisés, pour divers motifs superstitieux. En beaucoup de pays des pratiques cruelles, que l’on exerce surtout sur les taupes, ont pour but de conférer le pouvoir de guérir à celui qui les a accomplies. D’après les paysans du Maine, le jeune homme qui, ayant encore son innocence, prend une taupe vivante, lui ouvre le ventre et y tient le doigt plongé toute une nuit, acquiert la vertu de faire disparaître les coliques des chevaux en leur frottant le ventre avec ce doigt. Dans le pays de Liège, il faut empaler la bête au bout de l’index et l’y laisser mourir; le doigt meurtrier guérit les maux de dents, par simple attouchement, pendant l’année entière ; suivant d’autres, on doit la prendre vivante, le jour du Vendredi Saint, et se teindre de son sang le pouce et l’index5. Dans les Ardennes, on empoigne, au mois de janvier, avec la main gauche, la première taupe que l’on voit sortir de terre, et on la serre jusqu’à ce qu’elle étouffe ; cette main a pour toujours le don de faire passer les coliques des chevaux et de certains autres animaux, quand elle est promenée en forme de croix sur leur ventre ; en Normandie, celui qui, à certain jour de la lune, étouffe une taupe, peut, avec l’attouchement de la main taupée , guérir plusieurs maladies des hommes et des bêtes ; en Berry, la personne qui, dans son enfance, a étouffé
1. Les Evangiles des Quenouilles, I, 8; Paul Sébillot. Contes , t, II, p. 295.
2. Les Evangiles , III, 2 ; A. Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVII 1, p. 268.
3. Claude Gauchet. Le plaisir des champs, Bibl. elzév., p. 145.
4. Laurent Joubert. Seconde partie des erreurs, p. 214; cf. la comparaison de la Haute-Bretagne : comme les lièvres, il perd la mémoire en courant.
5. X. de la Perraudière. Trad. locales, p. 7 ; Alfred Harou, in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p. 375.
LËS ANlMAÜX GUÉRISSEURS
sept taupes vivantes, avant d’avoir mangé de la soupe de graisse, a la faculté de faire disparaître le ver-taupe en pressant la partie malade en plusieurs sens1. Dans le Bocage normand, celui qui a pris à la main une taupe blanche guérit les tranchées par l'imposition des mains. En Poitou, pour qu’un enfant puisse toucher du ver-taupe, il faut mettre une taupe dans son maillot, de façon qu il 1 étouffé ; en Berry, pour panser du venin, il est nécessaire d’en avoir étouffé trois dans sa main gauche. Dans les Vosges, >n prévient l’apparition de la fièvre en faisant le malade écraser entre ses doigts une taupe vivante; en Wallonie, on guérit de la transpiration en en laissant mourir une dans ses mains. Les pattes de cet animal que les adultes portent au cou dans un sac de flanelle rouge, comme préservatif contre les maux de dents, devaient suivant la croyance liégeoise, lui avoir été arrachées de son vivant, de même que la langue de renard qui était employée contre l’érysipèle ; on la faisait bénir en 1 honneur de sainte Rose, et on en plaçait un morceau sur la partie malade 2.
Le sang de taupe est efficace contre diverses affections ; en Poitou on l’introduit dans l’oreille pour guérir la surdité, en Haute-Bretagne, on en frictionne les cors, les verrues et les loupes 3 4. Au XIVe siècle on conseillait contre les excroissances un remède qui ne semble plus usité : Pour lantilles outer, prenez sanc de lievre, si les en oignez, si s’en iront V On se préserve du mal de dents en Haute-Bretagne en portant sous l’aisselle gauche une patte de lièvre ou de lapin, à Marseille en mettant dans sa poche deux pattes de taupe. Dans la Loire-Inférieure on place sur la tète des nouveaux-nés, pour leur donner de la foi ce, une peau de taupe ; dans les Deux-Sèvres elle empêche les enfants d uriner au lit ; et l’on se sert encore très souvent de la peau de lapin posée à cru sur l'endroit douloureux 5.
Certaines parties de mammifères sauvages sont fréquemment employées pour faciliter l’éruption des dents ou préserver les enfants des convulsions qui l'accompagnent. En Poitou la peau de taupe est placée sous le bonnet; en Normandie, on l’attache autour du cou ; à
1. A. Meyrac. Trad. des Ardennes , p. 188; en Picardie, en étouffant une taupe dans ces mêmes conditions, on préserve ses chevaux de la colique. (Alcius F edieu Trad- de Demain , p. 76) ; F. Piuquet. Contes de Bayeux, p. 45 ; Laisnei de la Salle’ Croyances du Centre , t. 1, p. 298.
2. J. Lecœur. Esquisses du Bocage , t. II, p. 118; B. Souché. Croyances , p. 21 • Laisnei de la Salle. Croyances du Centre , t. I, p. 297 ; L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges , p. 268; J. Defrécheux. Voc. de la Faune wallonne, p. 102 Aug Hock. Croyances , etc. de Liège , p. 161, 170.
3. B. Souché. Croyances, p. 26; Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 123.
4. P. Meyer et Ch. Joret. Recettes médicales en français publiées d’a. le M d'Evreux, in Romania, t. XVIII, p. 573.
5. Paul Sébillot, 1. c., p. 101; Regis de la Colombière. Les ms de Marseille , p. 268 ; Rev. clés Trad. pop., t. XV, p. 589 ; Léo Desaivre. Croyances, p. 8, H.
LES MAMMIFÈRES SAUVAGES
Marseille on met un collier composé de ses pattes ; en Loir-et-Cher elles doivent être au nombre de quatre ; en Franche-Comté, une seule suffit, pourvu que la bête ait été prise sans que l’on sût à quoi elle était destinée. En Loir-et-Cher les pattes doivent provenir d’une taupe étouffée de la main gauche, et qui n’ait pas encore eu de petits1. En Ilainaut, on coud en croix deux pattes de devant dans un sac de flanelle ; dans les Deux-Sèvres elles sont placées en croix sous le bonnet de l’enfant ; dans la Meuse on met dans un sachet le museau et les pattes d’une taupe trouvée sans la chercher. Dans la Suisse romande un collier de dents de renard, en Forez un collier de dents de loup, en Berry, une seule dent de cet animal facilitent la dentition 2.
L’usage de frotter, de temps en temps, avec de la cervelle de lièvre, les gencives des enfants pour que les dents sortent sans douleur est assez répandu ; au XVIe siècle, on la faisait bouillir au préalable. On lui attribue encore une autre vertu :
Cervelle de lièvre mangée Guérit la crainte et tremblement.
Ce même remède est employé dans le pays de Liège contre les frayeurs elles rêves agités des nourrissons3. La recette ainsi formulée au XIVe siècle : « Ceus qui ne puent tenir leur orine boivent cervelle de lièvre o vin » est encore usitée dans les Vosges où l’on soulage l’incontinence d’urine à l’aide d’un verre de vin bu à jeun, dans lequel on a délayé une cervelle de lièvre crue ; en Vendée un fil trempé dans du sang de taupe et porté en collier en guérit les enfants 4. Les rats et les souris que l’on fait manger le soir en fricassée ou rôtis à ceux qui arrosent leur lit les débarrassent de cette infirmité. En Auvergne, pour que le remède opère, il faut que le patient ne sache pas de quoi il est composé ; en Vendée une queue de lièvre est efficace contre l’incontinence d’urine; en Normandie, on fait manger des souris aux enfants pour les guérir de la coqueluche 5.
1. B. Souché. Croyances , p. 26; Fr. Pluquet. Contes de Bayeux, p. 45; Regis de la Colombière. Cns de Marseille, p. 268 ; F. Houssay, in Rev. des Trad. pop., A,. XV, p. 381 (Loir-et-Cher) ; C. Roussey. Glossaire de Bournois, p. 16.
2. Alfred Harou. Le Folklore de Godarville, p. 32; Léo Desaivre. Croyances , p. 8; H. Labourasse. Anciens us. etc., de la Meuse, p. 151: A. Ceresole. Légendes des Alpes vaudoises, p. 340 ; Noëlas. Trad. foréziennes , p. 205 ; Laisnel de la Salle, Croyances du Centre, t. I, p. 297.
3. L.-F. Sauvé. Le F.-L. des Hautes-Vosges, p. 36 ; B. Souché. Croyances, p. 26 ; A. Bidault. Superstitions du Morvan, p. 35 ; Maison rustique, 1597, 1. VII, ch. 35, p. 79. Ce remède figure dans la Médecine des pauvres , dont la première édition remonte à 1674 ; Dufour de la Crespelière. Commentaire de l'Ecole de Salerne, 1671, p. 79; Aug. Hock. Croyances du pays de Liège, p. 55.
4. P. Meyer et Ch. Joret, in Romania , 1889, p. 575 ; L.-F. Sauvé, 1. c. p. 272 ; Jehan de la Chesnaye, in Rev. des Trad. pop., t. XVIII, p. 462.
5. J. -B. Andrews, ibid. t. IX, p. 261 ; J. Defrécheux. Voc. de la Faune wallonne, p. 221 ; Dr Pommerol, in Rev. des Trad. pop., t. XIII, p. 548 ; Jehan de la Chesnaye, 1. c. ; F. Pluquet. Contes de Bayeux, p. 45.
LËS ANIMAUX. GUÉRJSâEÜRS
La médecine traditionnelle use de la graisse de plusieurs mammifères sauvages ; dans les Ardennes et en Picardie, on cicatrise les crevasses en les enduisant avec celle de la taupe ; mais elle est moins renommée que celle du blaireau qui, en Limousin et dans le Finistère, constitue mie sorte de panacée, et qui en Haute-Bretagne, dans le Mentonnais et en Ilainaut, est souveraine pour les foulures, les rhumatismes ’etc 1 « Le sayn (graisse) de la marmotte » qui figure au XIII- siècle parmi les remedes du Diz de l'erberie est restée en usage dans le Mentonnais et dans les montagnes provençales pour la guérison des rhumatismes. Dans le pays de Liège on se sert, contre l’hydropisie, la gravelle et la jaunisse de la cendre du poil de lièvre mêlée avec du vin blanc 2 La blancheur la gentillesse et la solidité des dents des petits rongeurs a peut-être suggéré les coutumes suivantes : En Limousin les bonnes femmes disaient aux enfants de ramasser leurs dents de lait dans la charpente où les rats viendraient les chercher et leur donneraient de jolies petites dents en échange. En Poitou, l'enfant dit en déposant sa dent dans un trou de muraille: «Petite souris je t’apporte une de mes dents, donne-m’en une autre » ; une formulelte analogue est usitée en Béarn. Aux environs de Saint-Méen (Ille-et Vilaine) quand les gencives sont trop dures, on les incise avec la pointe d une dent de loup abattu par un temps de neige 3. La friction de pattes de taupe est employée en Haute-Bretagne pour faire disparaître les boutons de la bouche. En Hainaut, pour guérir les coliques on rôtit les pattes de devant d’une taupe, qu’on a préalablement écorchées, puis après les avoir fait macérer quelque temps dans de l’eau de-vie, on boit la liqueur *. Dans le Mentonnais, une peau de rat guérit la morsure de ce rongeur 5.
Les souris vont, dit-on dans le Finistère, chercher dans la mer une pierre qui a le privilège de faire disparaître de l’œil sur lequel on 1 aPP1,(ïue la poussière ou les corps étrangers ; elle ne se trouve que dans les nids de souris où il y a trois, cinq ou sept petits • dans les Cotes-du-Nord, on dit que les mêmes souris la font toucher à leurs petits, qui sans cela resteraient toujours aveugles c
Trad. Pop t IX, p. 262 ; A. Harou. Le F.-L. de GodaruiUe , p l6
2. Rutebeuf. Œuvres ; éd. Jubinal, t. I, p. 37, t. III n 183 • I R \„a i
F. Mistral, Trésor ; Aug. Hock. Croyances et remèdes 1 55 ’ Andrews> '•
3. B. Soucfaé Croyances p. 37. V. Lespy. Proverbes de 'Béarn Ire éd d 86 •
Beronie. Dut. du patois limousin ; Paul Sébillot, iu l'Homme 1886 n Va® P' »• , sur les dents de lait. nomme, 188b, p. 432, article
4. Paul Sébillot. Additions aux coutumes, p. 33 ; A. Harou. Le F. I. de Godarville n 20
5. J. -B. Andrews, in Rev. des Trad pop. t IX p 262 aa ville, p. 20.
6. Com. de M. A. Daguet ; Lucie de V. H., 'in bev. dei Irad. pop., t. XV, p. 474,
Ainsi qu’on l’a vu au commencement de ce chapitre, les légendes font remonter l’origine de plusieurs espèces à des personnages changés en animaux par punition divine, et chacun conserve une pai ticularité qui rappelle son état primitif.
Les métamorphoses qui figurent dans les contes populaires ne s appliquent qu’à des individus et non à des espèces ; elles sont, en général, produites par la puissance des fées ou des sorcières, et elles cessent, soit au bout d’une période déterminée, soit après l’accomplissement de conditions ordinairement connues de la victime. Un prince changé en lion par une fée doit garder cette forme pendant sept ans ; un mousse est métamorphosé en rat pour dix ans ; les sept frères devenus cerfs après avoir mangé une plante magique peuvent être délivrés, au bout de quatre ans, si leur sœur parvient à placer un mouchoir blanc sur leurs cornes1 ; une reine transformée en biche blanche par une sorcière qui a pris sa place dans le lit du roi, restera enchantée toute sa vie, si, dans les trois jours, personne ne la délivre2 3. Les blessures détruisent aussiles enchantements : un loup, qui a épousé une femme, lui ordonne, le lendemain du mariage, de lui couper la tête avec une hache ; lorsqu’elle l'a fait, au lieu d’une bête hideuse, elle voit un beau seigneur
Les personnages de deux contes bretons reprennent, à 1 occasion d’une cérémonie religieuse, leur figure naturelle ; la peau du loup gris qui se marie avec une paysanne se fend dès que commence la messe, et quand elle est terminée, les assistants voient à côté de l’épousée un prince magnifique. La souris blanche qui vit sous terre dans un château redevient femme en assistant au mariage d'un petit bossu qui lui était venu en aide4. Un conte littéraire intitulé Peau d'Ours, inséré dans un petit roman, parle d’une princesse qui pour échapper au prince Rhinocéros, roi des Ogres, dans le château duquel elle a été conduite, endosse une des nombreuses peaux d’ours qui s'y trouvaient suspendues dans un cabinet; la peau se met à la taille de la princesse qui, parla permission de la fée sa marraine, devient la plus jolie ourse du monde. Elle a diverses aventures et inspire à un prince qui la prend à la chasse un amour et une affection qu’elle partage, mais elle ne peut parler. Alors sa marraine lui accorde de quitter toutes les nuits sa peau d’ourse, et de la reprendre le matin. \ Une nuit que le
1. Paul Sébillot. Contes des Landes et des Grèves , p. 118, 163-161 ; Contes de la Haute-Eretaqne , t. II, p. 154.