CONSULTATIONS PAR LE SOUFFLE
au souffle1. En Wallonie, on pose diverses questions en rapport avec l’amour et la destinée en soufflant, à chaque parole, sur un capitule de pissenlit: le mot sur lequel il se trouve complètement dégarni de ses graines donne l’explication attendue. La jeune fille qui veut savoir combien elle a de galants souffle par trois fois vigoureusement : leur nombre est celui des aigrettes qui restent2. En Provence, la jeune tille souffle sur une tige garnie de ces petites graines ailées que l'on appelle Anges ; autant il en reste, autant d’années la séparent du mariage ; si toutes volent, elle se mariera bientôt ; si toutes résistent, le mariage est bien loin ; la même épreuve se fait en Haute- Bretagne avec le pissenlit et dans le Bocage normand : si l’aigrette s’envole tout entière le mariage est prochain, s'il en reste, on devra attendre autant d’années qu’il faudra s’y reprendre de fois pour faire disparaître les grains3.
En Haute-Bretagne et dans la Beauce, pour savoir combien l’on a d’années à vivre, on souffle sur le pissenlit en graine : le nombre d’aigrettes en indique le chiffre ; il dit aussi aux jeunes femmes des Côtes-du-Nord combien elles auront d’enfants 4. Les enfants wallons ont donné le nom d’horloge à la tête du pissenlit, parce qu’elle leur sert à déterminer l’heure; ils soufflent dessus jusqu’à ce que toutes ses graines aient disparu ; le chiffre est marqué par le nombre de fois que l'on aura eu à souffler pour les éliminer toutes. En Haute- Bretagne, on souffle trois fois ; le chiffre de celles qui restent donne la réponse ; s’il y en a de cassées, ce sont des demi-heures ou des quarts d’heures ; la même consultation est pratiquée en Beauce. En Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-du-Nord, elle est employée par ceux qui ne se rappellent plus s’ils ont dit leurs prières le matin ; si on enlève toutes les graines, c’est qu’on est en règle. Aux environs de Dinan, les enfants qui, en route, réussissent à les faire envoler, croient que leur mère les attend avec impatience et leur ménage une surprise5. Une consultation analogue est usitée en Savoie, où la fleur de pissenlit s’appelle lnà(lune) : Lorsque les enfants s’amusant à la campagne craignent que leurs parents n’aient besoin d’eux pour quelque petit service, ils soufflent très fort sur cette lune ; si tous les pétales
1. De Métivier. De V Agriculture des Landes , p. 452; Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 342; Félix Chapiseau. Le F.-L. de la Beauce, t. 1, p. 288.
2. O. GoIsoq, in Wallonia, t. IV, p. 55 ; Jules Lemoine, in La Tradition , 1890,
3. Regis de la Colombière. Cm de Marseille, p. 261 ; Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XVII, p. 595 ; J. Lecœur. Esquisses du Bocage , t. 1, p. 294.
4. Paul Sébillot. Traditions , t. II, p. 342 ; Félix Chapiseau. Le. F.-L. de la Beauce , t. 1, p. 288 ; Lucie de V.-H., in Bev. des Trad. pop., t. XVII, p. 595.
5. A. Harou. Le F.-L. de Godarville, p. 25 ; Paul Sébillot, l. c., t. 11, p. 342 ; Félix Chapiseau, 1. c., t. I, p. 288 ; Paul Sébillot, 1. c., 342; F. Duynes, in Rev. des Trad. pop., t. VIII, p. 590; Lucie de V.-H., ibid., t. XVII, p. 595.
LES PLANTES
s envoient, leurs parents les réclament et il faut partir au plus lût; sippp, et quand bien même il pe resterait qu'un seul pétale, jls contb nueront leurs jeux saps inquiétude. Ep Wallonje, pour savoir dans qpelle direction se trouve quelqu’un on effeuille des marguerites et on en souffle les pétales
On tire aussi des présages de circonstances accessoires que présentent les plantes; Dans la Vienne, popr savoir combien Ton aura d enfants, on prend au hasard une feuille de mille-pertuis: autant de trous, autant d’enfants ?.
Plusieurs pratiques sont fondées sur la façon dont poussent les plantes : en vojçi une du XVfl® siècle ; Pour conpoistre entre trois ou quatre personnes celle qui nous aime le plus, il faut prendre trois ou quatre testes de chardons, en couper les pointes, donner à chaque chardon le nom de chacune de ces personnes, et les mettre ensuite sur le chevet de son lit ; celuv des chardons qui marquera la personne qui aura le plus d’amitié poussera un nouveau jet et de nouvelles pointes. En Lorraine, le commencement de cette épreuve était Je même au miliep du siècle dernier ; le lendemain, opjle des têtes qui avait poussé pendant la nuit le plus beau fleuron, indiquait celle des trois personnes qui, par la constance de son affection, avait le pins de droits à un tendre retour. En Poitou op coupe les fleurons un peu au dessous du limbe de la corolle el on porte le bouton dans sa poche ; si au bout d’un nu deux jours les fleurs ont pousse, on est ajmé de la personne que l’qp a eu l’intention de désigner; cette expérience peut être faite pour un fiers. Eu Anjou, les jeunes tilles mettent dans leur poche un capitale de centaurée dgs près, dont elles qui coupé les fleurs rpses à la hauteur des écailles de l involucre ; si dans le délai de trois jqprs de nouveaux fleurons apparaissent, elles seront mariées dans l’année. Dans fp Vienne, elles choisissent dans les phamps un certain nombre de chardons, attribuent à chacun le nom d un de leurs amoureux op des jeunes geus qu elles connaissent, puis leur coupent la barbe : la première hache qui repousse donne le nom de Jeur futqr mari 3, Eu Wallonie, on coupe à chaque tige de centaurée jacée les feuilles épanouies en ne laissant que les boutons, puis on assigne un nom à chacune d’elles ; celle dont les boulons fleurissent indique l’amoureux qu’il faut prendre V Vers le milieu du siècle dernier les jeunes liégeoises se réunissaient le premier
1. Constantin, Dictionnaire savoyard, p. 251; E. Monseur. le Folklore wallon,