Tallemant des Réaux. Historiettes, t. IX, p
7. Variétés bibliographiques, 1. 1, col. 176; Jules Barbot. Le paysan lozérien, p. 44.
LES PLANTES
Le chou a d'ordinaire une signification disgracieuse : Dans la Suisse romande, planter le chou à quelqu’un, c’est lui faire un mauvais compliment, Dans beaucoup de pays le chou est attaché, le 1er Mai, à la porte des jeunes filles dont la conduite a été légère. En Basse-Bretagne un tronc de chou placé sur la porte indiquait au bazvalan que la proposition de mariage était refusée. Dans les Landes, si lors d'une demande, l’un des parents présente au jeune homme une gousse d'ail sur une assiette, il n’y a plus qu'à se retirer \
Le rôle des plantes est assez important dans les usages funéraires. En plusieurs parties de la Somme et du Pas-de-Calais, une petite * croix formée de deux poignées de paille nouées ensemble, et sur laquelle on pose une pierre, ou trois petites poignées de paille formant croix sont placées près de l’entrée de la cour ou sous la fenêtre de la maison où il y a un décès. Dans quelques pays, la croix est plus ou moins grande suivant l’âge de la personne décédée ; ailleurs elle est en rapport avec la classe du service de l’inhumation. En Berry, la chambre où gît le trépassé est jonchée de menthe, de sauge, de beaume et d’autres plantes odoriférantes que l’on désigne sous le nom d’herbes fortes ou herbes du mort2. Dans la Vienne on n’emploie pas le lupin à la confection des couronnes mortuaires, cela porterait malheur à la famille3. En Basse-Bretagne on tire des présages des fleurs qui ornent la couche funèbre ; si elles se fanent dès qu’on les y pose, c’est que Lame est damnée ; si elles ne se fanent qu’au bout de quelques instants, l’âme est en purgatoire, et plus elles mettent de temps à se faner, moins longue sera la pénitence4.
A Berlatz, dans le Tarn, lorsqu’une famille vient de perdre un de ses membres, ou coupe immédiatement toutes les fleurs du jardin, et on n’en laisse plus épanouir aucune tant que dure le deuil 5.
En Haute-Bretagne, le chrysanthème se nomme rose de la Toussaint, parce qu’à cette époque on en met sur les fosses ; elle s’appelle à Liège fleur de sainte Catherine, et on l’emploie à orner les tombes ; elle parle, dit-on, avec les morts6. Les mauves poussent fréquemment dans les cimetières : on dit dans la Nièvre de quelqu’un qui est mort: il est sous les fromageots ; en Provence, il est allé fumer les mauves 7.
1. E. Rolland. Flore pop., t. II, p. 29; L. Kerardven. Guionvac'h, p. 369 ; J. de Laporterie. Une noce cle paysans en Chalosse. St- Se ver, 1885, p. 5.
2. D. Dergny. Usages , coutumes, etc., p. 57; Laisnel de la Salle. Croy. du Centre, t. II, p. 71.