USTENSILES ET MARIONNETTES
Bas-Maine les bergers s'amusent à emplir d’air les fleurs de la digitale et à les faire péter en les frappant contre la paume de la main 1 2 3 4 .
Les pâtours s’amusent à des constructions fragiles, comme leurs ancêtres du XVIe siècle.
Nous rions du soucy de nos petits enfans
Quand ils fout des chasteaux et basassent de paille,
Hé ! que faites-vous mieux, vous qui perdez vos ans En toute vanité, sans faire rien qui vaille
En Picardie comme en Haute-Bretagne des moulins à vent se composent d’une tige de seigle ou de blé, d'un épi coupé et ployé et de 1a. roue faite d’un bout de chaume fendu aux deux tiers de sa longueur. Dans la Loire-Inférieure, dans l’Aube, l’écorce des citrouilles sert à fabriquer des chariots : la coque forme la caisse et quatre rondelles découpées en devienent les roues s. Les enfants enfoncent un morceau de bois dans la partie supérieure du fruit du nénufar et s amusent à simuler l’action de baratter, d’où le nom de la baratte qui lui est donné en beaucoup de pays. Ils s’en servent aussi, comme de jouet, en l appelant bouteille, cruchon, tabatière, etc. En Vendée ils emploient en guise de petites toupies les capsules non mûres de la fleur des compagnons blancs, ils les manœuvrent en faisant rouler le pédoncule entre leurs doigts ; de là vient le nom de sabot \
Au XVIe siècle les paysans des environs de Rennes confectionnaient pour les enfants des ceintures de joncs et des chapeaux de paille 5 6. Cette petite industrie y est toujours en usage ; le jonc sert d’ailleurs à une multitude de fabrications champêtres.
En Lorraine, les petites filles dépouillent une fleur de primevère de sa corolle et n’en gardent que le pistil et le style qui leur représente une toute petite poupée qu’elles appellent la marionnette. Elles la déposent délicatement sur l’eau tranquille d'une anse de ruisseau en chantant l’incantation suivante :
Vas ! vas ! ma petite marionnette !
Vas ! vas ! trois petits tours et puis t’en vas !
La marionnette tourne un instant, puis disparaît, submergée dans ce petit océan1-’. Madame de Genlis décrivait, il y a une centaine d’années, un jouet tout aussi facile à fabriquer et vraisemblablement ancien: On fait du coquelicot épanoui une charmante petite poupée ; les péta-
1. Paul Sébiliot. Trad., t. II, p. 335; G. Dottin. Les Parlers du Bas-Maine , p. 398.