‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 487 sur 506 · Noël du Fail. Œuvres, t. I, p · texte numérisé non relu

Noël du Fail. Œuvres, t. I, p

6. E. Auricoste de Lazarque, in Rév. des Trad. pop. t. IX, p. 236.

les forment l’habillement et les bras an moyen des tils qui les attachent ; la petite tête fait le visage ; le haut de cette tête forme une calotte ; les étamines font une jolie fraise ou collerette autour du visage. Une gravure représente ce joujou, que connaissent encore les enfants d’Ille-et- Vilaine ; ils retournent les pétales du coquelicot pour en faire un jouet qu'ils appellent un enfant de chœur; en d’autres pays il a des noms tels que madone, moine, Guillaume1 2. La tète du coquelicot fait, de même que celle du pavot, un hochet pour les enfants ; on retrouve ce joujou en plusieurs pays, de même que le suivant: Les petits garçons coupent le parasol de la carotte sauvage qui prend la ligure d'un nid d'oiseau, et le placent sur les arbres afin d'attraper ceux qui cherchent des nids

Dans l'Aube, les enfants introduisent les feuilles du saigne-nez (Achillea mille folium ) qu'il appellent herbe à entrôler, c’est-à-dire à ensorceler, dans le nez et les oreilles de l’un' d'eux, lequel semble alors soumis à une impression extraordinaire ; après être resté pendant quelque temps dans un état réel ou supposé de somnolence, au milieu du bruit ou des cris que font ses camarades, il s’élance tout à coup sur eux en essayant de les saisir 3.

Dans le Maine les garçons cueillent les capitules de Bidens et des Lappa, pour les mettre dans la chevelure des filles, et les filles s'efforcent de les placer dans la barbe des garçons. En Picardie, dans l'Aube, les enfants s’amusent à lancer des fruits] de bardane sur les habits et de préférence sur la tète des femmes4 5. Cette mauvaise plaisanterie est aussi usitée en Haute-Bretagne, et vraisemblablement bien ailleurs. En Chalosse, les jeunes gens, pour prouver leur affection à leurs amoureuses, leur introduisent brusquement dans le dos un épis de maïs. Dans l’Aube, les épis barbus de l’orge des murs ou queue de rat insérés dans le bras, entre linge et peau, sous le nom de voyageurs, se faufilent jusqu'aux endroits les plus secrets du corps, et y manifestent leur présence par un chatouillement °. Un parallèle de ce jeu était usité au commencement du siècle dernier: On jette un épi desséché dans la manche de quelqu'un, et il grimpe tout seul jusqu a l’épaule 6.

L’action de souffler sur les graines légères, qui sert à des consultations amoureuses, constitue aussi un jeu : Les enfants prennent une boule de pissenlit, puis 1 un deux souffle dessus, puis toujours les uns

1. Les Jeux champêtres des enfants , p. 117; Paul Sébillot, in Rev. des Trad. pop. t. VIII, p. 511 ; Rolland. Flore pop., t. I. p. 178.

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