‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 492 sur 506 · NAISSANCE ET MÉTAMORPHOSES · texte numérisé non relu

NAISSANCE ET MÉTAMORPHOSES

sur sa tige ; elle l’ouvrit et le roi des pois lui sauta dans les bras, et lui annonça qu'elle aurait un enfant; elle l’eut en effet, et quand elle demanda un berceau, elle vit deux petits hommes habillés de cosses de pois qui le lui apportaient b

Plusieurs récits parlent de graines qui donnent naissance à des êtres humains, ordinairement de très petite taille. Dans un conte picard une femme naïve, et qui n avait pas d enfant, entendant dire à une de ses voisines qu'on pouvait en avoir en plantant des pois, en sème un boisseau, et elle voit paraître au bout de quelque temps des milliers de garçons, qui dès le lendemain, hauts tout au plus d’un demi-pouce, couraient de tous côtés. Des naissances analogues se retrouvent dans deux récits de Menton : une mendiante à laquelle une femme a refusé des fèves qui cuisaient, souhaite qu’elles deviennent des enfants, et dès qu’elle est partie, il sort du chaudron autant d’enfants tout petits qu’il y avait de fèves ; une autre femme souhaite à une marchande que toutes les lentilles de son magasin deviennent des enfants 1 2.

Les plantes qui métamorphosent sont plus rares que les fruits qui opèrent le même prodige. En Haute-Bretagne, du céleri, des carottes changent en âne celui qui les mange, de plus petites détruisent la métamorphose ; à Menton un sorcier métamorphose des enfants en bêtes en leur faisant boire un breuvage d'herbes 3. Dans un récit de Basse-Bretagne, un pois, une fève, font tomber dans un sommeil léthargique b

L herbe qui ressuscite figure dans une gracieuse légende du moyen âge. Une belette ayant été tuée d’un coup de bâton, sa femelle va chercher dans le bois une fleur rouge et la place dans la bouche de son compagnon qui revient aussitôt à la vie ; la fleur appliquée à une pucelle que l’on croyait morte opère le même miracle3 5. Un conte basque présente un épisode apparenté : un lézard en ayant tué un autre, va cueillir une herbe, et le ressuscite en la plaçant sur sa tète ; une vieille donne à un soldat qui va être fusillé une plante qui, passée trois fois sous son nez au cimetière par ses camarades, le fait revenir à la vie. La belle Jeanneton cueille dans le jardin de Drac, la fleur rouge, la fleur de mer qui ressuscite les morts ; quand elle a touché ses deux frères la fleur se flétrit, mais les deux garçons se relèvent6.

1. Ch. Deulin. Contes du roi Carnbrinus , p. 84; Ulysse Hinglais, in Revue moderne , déc. 1867, p. 522.

2. H. Carnoy. Contes français, p. 245 ; J. -B. Andrews. Contes ligures, p. 132,161.

3. Paul Sébillot. Cotites, t. 1, p. 102; Contes des Landes, p. 72 ; J. -A. Andrews. Contes ligures, p. 73.

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