‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 491 sur 506 · Cambry. Voyage dans le Finistère, p · texte numérisé non relu

Cambry. Voyage dans le Finistère, p

5. J. -B. Andrews. Contes ligures , p. 144-143: Joseph Brintet, in Rev. des Trad. pop., t. 11, p. 363-366.

LES PLANTES

populaire est douteuse : au moment d’entrer en danse, chaque amoureux prenait son amoureuse par la main, la conduisait au grand dolmen, tous deux y déposaient fleurs et épis, et ils étaient sûrs de les retrouver aussi frais à l’heure du départ, s’ils avaient été fidèles1 2. Dans un conte de rille-et-Vilaine une sœur recommande à son frère, avant de partir pour un lointain voyage, de regarder tous les jours une fleur, et que s'il la voit se pâmer elle sera en grand péril ; d’après un conte un peu obscur, à mesure que trois belles fleurs croissent dans un jardin, les feuilles se flétrissent et tombent à terre ; le seigneur qui les remarque croit d’abord que sa femme est en danger de mourir, mais elles signifient simplement qu'elle est devenue grosse ".

Des fleurs poussent sur une tombe pour témoigner de la sainteté d’un humble personnage qui gît dessous. Un vieux légendaire raconte ainsi l’origine du miracle à la suite duquel fut bâtie la belle église du Folgoat : Lorsque Salaun le fol, serviteur de Marie, eut été enterré, comme sa mémoire sembloit avoir esté ensevelie dans l’oubliance aussi bien que son corps dans la terre, Dieu fit naistre sur sa fosse un Lys blanc, beau par excellence, lequel repandoit une fort agréable odeur, et ce qui est plus admirable, c’est que dans les feuilles de ce Lys estoient escriles en caractère d’or ces paroles Ave Maria! Le bruit de cette merveille courut par toute la Bretagne, de sorte qu’il s’y transporta une infinité de monde pour voir cette fleur miraculeuse, laquelle dura en son estre plus de six mois, puis commença à se flétrir, et lors fut advisé par les Ecclesiastiques, nobles et officiers du Duc, qu’on fouiroit tout à l’entour de sa tyge, pour sçavoir d’où elle prenoit sa racine et trouva-t-on qu'elle procedoit du corps mort de Salaun3. Cette poétique légende rappelle un épisode des Miracles de Notre-Dame : lorsqu un moine ignorant qui ne savait réciter autre chose qu 'Ave Maria et était méprisé à cause de cela, a été enterré, sa sainteté se révèle par cinq roses qui sortent de sa bouche en l’honneur des cinq lettres du nom de Marie4.

On ne retrouve en France que des traces assez confuses de la plante qui fait concevoir. Dans un recueil fort arrangé une femme enceinte rêve que si elle mangeait de la véronique cueillie, à minuit sonnant, dans le jardin des Clairs (plaines liquides) elle mettrait au monde une petite fille qui aurait la plus merveilleuse chevelure que l’on puisse voir . D’après un conte du pays de Bitche, une femme désireuse d avoir un enfant était à cueillir des pois, quand elle vit une cosse qui remuait

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