M. Camélat, iu Mélusine, t. X, col
t. M,Ep. MéyrPac,3p3 Ue. p ’ ^“‘l 8<bllto‘-
en pèlerin); L. Lambert. Contes du Languedoc ’v'm- Vi. i" C‘ 6 i°KUPr est. déSuisé Lemoine, in La Tradition, 1892 n 27 • Fri ’ Frimnnt* • ny’ p\85 et SU1V I Jule3 XVIII, p. 452 (Artois). ’ P' ’ Ed' Edmout’. m Rev. des Trad. pop., t.
LES MAMMIFÈRES SAUVAGES
de faire bonne garde et de n'ouvrir qu’à bon escient, et parfois quand
elle revient, elle les sauve du loup 4.
Le proverbe : la chèvre a pris le loup, dont Lucien donne un similaire grec, est aussi, dit un de ses traducteurs du XVIIe siècle, usité en notre langue, et l’on feint qu’une chèvre poursuivie d’un loup, se sauva dans une maison déserte, dont elle ferma la porte avec ses cornes, après que le loup fut entré, qui fut pris par ce moyen2. Ce conte est encore très populaire, mais le plus ordinairement, la scène se passe dans une église : une sculpture de celle de Bouteilles près de Dieppe représentait un loup, un mouton et un pieu, et commémorait une aventure bien connue dans le pays :
Un loup, quérant une proie Vint à passer par ce lieu.
L’agneau bondit et 9e sauve,
Traînant la corde et le pieu,
Et pour fuir la bête fauve,
Vole à l’église du lieu.
Après lui, comme son ombre,
Le loup court, flaire le pieu ;
Tout deux en détours sans nombre S’épuisent dans le saint lieu.
Mais l’agneau, passant la porte,
La referme avec le pieu,
Et la rage en vain transporte Le loup captif dans ce lieu3 !
Le plus ordinairement c’est une chèvre qui enferme son persécuteur, par un procédé analogue et des dictons rimés le constatent :
Et v’ia comme à Papleux La cabre a pris le leu*.
C’est comme à Trigavou Où la chieuve print le loup.
La chèvre contribue aussi à faire prendre le loup dans une église où elle est entrée avec lui par une ouverture étroite ; elle lui persuade de manger un gros pain, et comme il ne peut plus sortir, des gens accou-
! E Cosquin, t. II, p. 247; E. Rolland, t. I, p. 131, t. V, p. 202 ; Paul Sébillot. Contes ! t. Il, p. 339 ; Lût. orale , p.242 ; H. Carnoy, p 13-15 (Normandie) ; L Lambert n. 133; A. Gittée, p. 143, 147 ; L. Loiseau, in Walloma , t. 1, p. 60 , b . Sluse ibid t. IV p. 13-15; Jules Lemoiue, ibid. , t. VI, p. 92; Johannes Plantad.s, in Rev ' des Trad. pop., t. IX ; p. 424 ; Coundes biarnés, p. 87 ; abbé L. Dardy, t. IL n 34f Au " Stoeber, in Rev. des Trad. pop., t. 111, p. 292 (Alsace). La chèvre ouvre le ventre du loup où ses cabris étaient encore vivants et les rempiace par des cailloux ; Gabrielle Sébillot, ibid., t. XV, p. 424 (Auvergne) ; Ed. Edmont, ibid.,
t XIX, p. 102 (pays de Saint-Pol). . ,
2. perrot d’Ablancourt. Note sur Lucien ; Leroux de Lincy. Le Livre des l roverbes,
3. Edouard d’Anglemont. Légendes françaises. Paris, 1829, in-8u, p. 118.
4. Fourtier. Dictons de Seine-et-Marne, p. 90 ; La Thiérache. Vervins, 187-, p. 172, cité par Rolland. Faune pop., t. 1, p. 135.