J. -B. Thiers. Traité des Superstitions , t. I, p
3. Paul Sébillot. Trad., t. Il, p. 23; E. Rolland. Faune pop., t V n 97 • G dP
Launay, m Rev. des Trad. pop., t. VHI, p. 94 ; E. Rolland, 1. c., p. 16. ’ ‘
LES MAMMIFÈRES DOMESTIQUES
le long du chemin: « Dix coichons, quate coches », sans quoi la portée qu’elle veut avoir ne réussirait pas. En Ille-et-Vilaine, le conducteur de la chèvre ne manque pas de mettre à l’envers son bonnet ou son chapeau ; s’il a revêtu une peau de bique, il faut qu’il la retourne. Dans la Côte-d’Or, le conducteur de la truie doit mettre un sabot et un soulier ; dans le Maine s’il vient à blasphémer, les petits porcs viennent au monde tachés de noir. En Poitou, la portée comprendra plus de mâles que de femelles si la fille qui conduit la truie pense aux garçons ‘. Dans les Deux-Sèvres, on attache parfois au cou du bouc, sans doute pour le préserver du nouement d’aiguillette, un collier de toile neuve rempli de sel 5 en Limousin on en place entre les cornes de la vache1 2.
11 est probable que de tout temps des incantations ont été adressées aux étalons ; celles qui ont été relevées sont courtes, mais leur forme est fixe et sans doute traditionnelle; au XVIe siècle, le valet et la chambrière disaient au taureau pour lui donner courage : « Sus, Robin, sus, sus, sus, Robin, sus, sus, Robin, sus ! », formule qui se rapproche de celle de la Haute-Normandie : « Elle est belle, elle est belle, sus, ô bure ! elle est belle, elle est belle, sus, sus, sus, ô bure, sus ! 3 ». En Hainaut, pour savoir combien de petits cochons aura une truie, il faut compter jusqu a 12, et répéter cette opération pendant tout le temps que dure la monte ; autant de fois on aura atteint ce nombre, autant naîtront de cochonnets4.
Plusieurs observances suivent l’accouplement ; celle qui consiste à frapper la femelle est assez usitée : dans la Côte-d’Or on donne un coup de bâton sur la hanche de la jument; la vache est l’objet, dans le Loiret, du même traitement ; en Normandie, on ne manquait jamais de lui donner sur le flanc trois coups d’une baguette de coudrier ; dans les Deux-Sèvres, deux hommes lui passent un bâton sur l’épine dorsale, en appuyant fortement ; dans le Finistère, on lui frotte les leins, sec et ferme, avec un bâton ou avec un caillou. Dans le Loiret, on pique le bout de la queue avec une aiguille, on y fait une incision, puis on la frotte avec de l’ail ; en Normandie on fendait autrefois en quatre la dernière articulation de la queue. Dans la Beauce orléanaise, on fait avaler à la vache de l’ardoise pilée mélangée avec du son ; dans le Loiret on lui donne à manger une feuille de chou dans laquelle on a
1. Société des Antiquaires, t. I, p. 242; C. Moiset. Usages de l Yonne , p. 124 ; Paul Sébillot. Trad., t. II, p. 73-14 ; E. Rolland. Faune pop., t. V, p. 255 ; G. Dottin. Les Parlers du Bas-Maine, p. 403 ; B. Souché. Croyances, etc., p. 16.
2. B. Souché. Proverbes, p. 9 ; J. Tuchmann, in Mélusine, t. Vil, coL 234.
3. Philippe d’Alcripe. La Nouvelle fabrique des excellents traits de vérité, p. 74; Delboulle. Glossaire de la vallée d'Yères.