‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 75 sur 506 · Alfred Harou. Le Folklore de Godarville , p · texte numérisé non relu

Alfred Harou. Le Folklore de Godarville , p

La naissance 81

cousu une aiguillée de soie. Dans ce pays, on a soin de la faire rentrer à reculons dans l’étable, probablement pour éviter la fascination l.

Il est nécessaire de prendre des précautions pendant la période qui s’écoule entre la conception et la naissance, et aussi d’observer certaines pratiques. Celle qui suit, usitée au XVe siècle, n’a pas été relevée de nos jours : Sitôt qu’on pensait qu’une jument avait retenu, on la menait en un lieu où elle voyait de beaux chevaux et hardis, afin que sa portée fût de plus vigoureuse inclination 2. On crovai t au XIIIe siècle que la jument qui sentait l’odeur et la fumée de la chandelle éteinte avorterait ; cette superstition est encore courante dans le Sud-Ouest de la France, où la lampe éteinte dans l’écurie cause cet accident. Dans l’Albret on prévient l’avortement en faisant boire aux vaches, aux brebis et aux chèvres pleines, de l’eau dans laquelle on aura placé le charbon réduit en poudre provenant du reste de la bûche de Noël mise au feu pendant la messe, neuf dimanches de suite. La condition essentielle pour la réussite des pèlerinages assez fréquents que l’on fait dans la Beauce à saint Biaise qui empêche les vaches d’avorter, est que la personne qui vient l’invoquer soit à jeun. En Haute-Bretagne, si l’on veut que les vaches aient leur veau en jour, on doit avoir soin de cesser un dimanche de leur tirer du lait 3.

Des croyances et des pratiques assez nombreuses sont en relation avec la naissance des animaux domestiques, et surtout avec celle des veaux et des poulains. Dans 1 Albret les betes en général naissent péniblement en lune vieille. Au XVIIe siècle, on croyait qu’un fragment de la bûche de Noël trempé dans le breuvage des vaches prêtes à vêler les délivrait promptement. Dans le Loiret, pour que le veau vienne bien vivant, on coupe, pendant le croissant, des baguettes de viorne cotonneuse dont on enlève l’écorce, et qu’on enroule en forme de cercle, et cette sorte de collier est mis autour du cou pendant le vêlage, sitôt que la tête est dégagée. On prétend dans le Finistère qu’un poulain qui vient de naître a la rate dans la bouche ; pour en faire un cheval infatigable, il faut la lui retirer, mais sans perdre de temps, car c’est la première chose qu'il avale. Dans la Côte-d’Or, sitôt qu’un veau est né, on lui met dans la bouche une poignée de sel ou un œuf, pour qu’il n’attrape pas des boutons. En Wallonie on a coutume de lui verser du sel ou du genièvre dans la gueule; on appelle cela le baptiser ;

1. E. Rolland. Faune pop. ,t. IY, p. 194, t. V, p. 96; L. du Bois. Recherches sur la Normandie , p. 339 ; B. Souché. Proverbes , etc. p. 8 ; E. Rolland t V d 97 96; L. du Bois, 1. c. ; E. Rolland, 1. c.

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